UE 24 FdF Focus sur l'ergonomie : une science du travail

Publié le 30 Octobre 2018

Etymologiquement, le terme d'ergonomie trouve ses origines dans la langue du grec ancien : Ergon:Travail et Nomos: Loi naturelle.

Deux éminents spécialistes de l'ergonomie nous donne la définition suivante :

A. WISNER:L’ergonomie est l’ensemble des connaissances scientifiques relatives à l’homme et nécessaires pour concevoir des outils, des machines et des dispositifs qui puissent être utilisés avec le maximum de confort, de sécurité et d’efficacité.

F. DANIELLOU:L’ ergonomie étudie l’activité de travail afin de mieux contribuer à la conception des moyens de travail adaptés aux caractéristiques physiologiques et psychologiques de l’être humain, avec des critères de santé et d’efficacité économique.

La démarche a pour objectif de diminuer les contraintes physiques et mentales des opérateurs au travail. C'est optimiser les processus cognitifs au travail des opérateurs (psychologie ergonomique, ergonomie cognitive) et les postures physiques des opérateurs en situation de travail (ergonomie physique).«L’ergonome analyse au préalable la demande», il étudie les situations de travail, il analyse le travail des opérateurs en termes de tâches (liées aux prescriptions) et d'activité (la tâche effective réalisée par l'opérateur)

L’analyse ergonomique est :

- globale- participative- pluridisciplinaire

TACHE: Ensemble d’actions sur les objets ou l’environnement, rédigé notamment dans les prescriptions : « l’opérateur charge des colis dans le camion»

ACTIVITE: Ensemble des actions physiques et mentales développées par l’opérateur pour accomplir la tâche, en situation réelle de travail : « l’opérateur repère les étiquettes des colis, il se penche, il se déplace....»

 

L’écart entre le travail prescrit et le travail réel n’est jamais le fruit du hasard, il n’est pas non plus le résultat de l’action délibérée de l’opérateur qui chercherait systématiquement à échapper aux prescriptions. Il est simplement une réponse à l’ensemble des contraintes auxquelles il est soumis.Cet écart peut porter sur: les objectifs: l’opérateur n’intègre pas exactement les mêmes objectifs que l’entreprise, ils peuvent différer dans leur ampleur et ou dans la nature.Les modes opératoires: l’opérateur adapte ses procédures en fonctions des contraintes qu’il rencontre (changement de qualité de matière première, panne, rupture de stock,bris d’outillage, absence d’un équipier, présence d’un nouvel équipier…)Les outils, instruments ou machines utilisés: l’opérateur peut s’en servir pour des utilisations ou selon des modalités différentes de ce qui est prescrit.Les rythmes: l’opérateur peut gagner du temps ou en perdre sur certaines opérations, les pauses prévues sont plus ou moins respectées.

En bien des cas, l'écart montre des intelligences d'adaptation de l'opérateur au travail, des formes de conceptualisation dans l'action comme le montre Vergnaud.