Cours sur la didactique professionnelle

Publié le 9 Mai 2019

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INTRODUCTION 

La didactique professionnelle étudie les relations qui existent entre situations de travail et développement des compétences.

Par l’intelligibilisation des situations de travail, elle vise la conceptualisation de l’action. Appliquée à la formation, la didactique professionnelle transforme les situations de travail en situations didactiques par le biais de situations-problèmes. Elle permet aux savoirs d’être mis en œuvre autour de situations concrètes. Le travail est alors objet et support de formation.

Pour cela, elle puise dans le stock des situations-problèmes que l’on peut rencontrer dans les ateliers, les bureaux, et en général dans toutes les activités de travail. Le choix de ces situations se caractérise par le fait que les comportements professionnels mis en œuvre pour faire face aux problèmes rencontrés ne peuvent être le résultat de routines, d’automatismes, de procédures ou de règles, mais nécessite la mise en œuvre de stratégies de résolution de problèmes.

Le but de la didactique professionnelle est donc de développer des compétences plutôt générales que techniques, de développer des savoir-faire largement cognitifs qui ont pour fonction de savoir traiter de l’information, savoir raisonner, savoir comprendre, savoir analyser et donc de lire, comprendre, et réaliser le travail. 

Le développement de ces savoirs cognitifs se traduit par une plus grande capacité à résoudre les problèmes professionnels, par une capacité à prendre des distances avec l’action passée, présente ou à venir, à formaliser son expérience... et donc à développer de nombreux apprentissages en relation avec les différentes formes de savoirs que nous avons déjà évoqués plus en avant.

Ainsi même si au départ la didactique professionnelle s’ancre dans des situations fortement contextualisées qui permettent de préserver le sens des situations-problèmes qu’il faut traiter, elle cherche prioritairement à accompagner le développement de capacités cognitives qui vont permettre d’utiliser les apprentissages ailleurs que dans l’ici et le maintenant. Pour cela, elle s’appuie sur l’analyse cognitive des situations et repose sur l’explicitation : – des résultats effectifs ou attendus de l’action d’une opération ; – des règles d’action qui permettent de prévoir le résultat ; – des principes explicatifs sur lesquels reposent les règles d’action à mettre en œuvre ou mises en œuvre ; – et des relations de signification et/ou de détermination qui existent entre les différents éléments d’une même situation.

L’individu prend ainsi peu à peu conscience de ce qui guide et oriente son action, de ce dont il a besoin pour résoudre le problème qui se pose à lui (en termes de savoirs, d’outils, de relations, etc.).  Il est ainsi peu à peu amené à se détacher des situations contextuelles et circonstancielles, limitées et spécifiques, pour entrer peu à peu dans le monde des logiques d’action.

La didactique professionnelle permet donc aux individus d’acquérir de l’expérience professionnelle dans l’intelligence des situations et a toute sa place dans la mise en œuvre de processus de professionnalisation.

Cours sur la didactique professionnelle

MODE DE VALIDATION

Effectuer une analyse du travail selon les principes théoriques de la didactique professionnelle. Mise en oeuvre de concepts exposés, étudiés et manipulés en cours. Analyse du travail d'un proche, d'un voisin, d'un collègue...

MODE D'ANIMATION DU COURS

1/ Temps de TISSAGE (articulations entre les éléments de cours)

2/ Temps d'EXPOSE (par les étudiants, note orale)

3/ Temps d'ILLUSTRATIONS (films, posters, débats,...) 

4/ Temps de SYNTHESE (par formateur, éléments de cours)

5/ Temps de TRAVAIL PERSONNEL (analyse du travail d'un proche, d'un voisin, d'un collègue..., note écrite), aide du formateur, mise en pratique de la théorie DP)

TEXTES A EXPOSER PAR BINOMES

En partant de l’idée que le travail des enseignants est un travail parmi d'autres et que probablement il est organisé, qu’il y a une certaine organisation de l'activité et que cette organisation, on peut l’analyser, le fil rouge est le concept d'organisateur. (...) Et une chose m’a frappé dans ce nouveau métier que j’ai appris sur le tas, c’est qu’on s’arrêtait toujours à l’analyse du travail. On s'intéressait à l'analyse de la demande de formation, mais on s’arrêtait toujours devant/à l’analyse du travail. (...) Et c'est ce qui m’a donné l'idée d'introduire la notion de didactique professionnelle que je résumerais très simplement : c’est l'analyse du travail en vue de la formation. Donc, la question que je me suis posée : pourquoi on s’arrêtait en ingénierie de la formation juste avant l'analyse du travail. (...) Et cela a été un point essentiel de l'ergonomie de langue française qui consiste à bien démontrer la différence qu’il y a entre travail prescrit et travail réel. Et pour saisir le travail, je ne peux pas seulement regarder la prescription, il faut aller observer le travail effectif. (...) on ne peut pas comprendre l'activité si on ne va pas jusqu'à la manière dont elle est organisée.

Pierre Pastré

Ce que je retire du cadre théorique de Gérard Vergnaud, la conceptualisation dans l'action, c'est l'idée que l'activité humaine est organisée, qu’il y a à l'intérieur de cette activité, des éléments organisateurs dont on a essayé de voir ce qu'ils sont. Cette activité humaine est organisée en référence à une classe de situation. Et là, il y a une grosse différence entre Piaget et Vergnaud : les invariants opératoires chez Piaget sont des invariants très généraux qui sont en quelque sorte en grande partie indépendants des situations. Par contre, la différence que souligne Vergnaud, c’est qu'il réfère les organisateurs (les invariants opératoires) à des situations. Et c'est cela qu'il appelle un schème. En fait, un schème, c'est l'organisation invariante de l'activité dans une classe de situation donnée. Il ne faut pas oublier que c'est en référence à un ensemble de situations que l'activité est organisée. (...) Donc c'est en référence à ces situations et c'est en analysant ces situations qu’on va identifier comment les acteurs, au sein d’un métier, organisent eux-mêmes leur activité. J'insiste un petit peu là-dessus, parce que cela veut dire que dans les situations, il y a certains nombres d'éléments essentiels qu'il est nécessaire de prendre en compte pour que l'action sur cette situation soit efficace. C'est des éléments, d'une certaine manière, objectifs. Et le concept de schème permet d'articuler cela avec la représentation de l'acteur. Justement, le propre de l'acteur, ça va être d'assimiler ces éléments, de les transformer en ce que moi j'appelle un concept organisateur, c'est le cas de le dire. Et c'est des choses qui vont guider l'action.

Pierre Pastré

C'est que cette organisation de l’activité se comprend dans un premier couplage, le sujet et la situation. Et il y a un deuxième couplage, c'est le couplage entre invariance et adaptation. Pour comprendre l'activité humaine, il faut admettre qu'il y a une part en elle d’invariance et qu'il y a une part en elle d’adaptabilité aux situations. S'il n'y avait que de l’adaptabilité, on fonctionnerait comme des girouettes. (...) Mais il n'empêche que sans invariants, il faudrait qu’on réapprenne tout à tout moment. Et en même temps sans adaptabilité, on aurait un comportement complètement stéréotypé, qui se produirait totalement à l’identique. (...) Je crois que le concept de schème permet justement de comprendre comment on peut articuler invariance et adaptabilité. Alors, comment ça ? (un but de l’activité et sous-but, des anticipations, des règles d’actions et de prises d’information et de contrôle de l’activité, des organisateurs invariants (invariants opératoires) pour diagnostiquer, se repérer en situation, pour prendre des indices sur la part de variance de la situation, des calculs cognitifs ou inférence en situation pour s’ajuster, s’adapter…). (...) ce n'est pas l'activité qui est invariante, c'est son organisation. Une activité, elle est toujours adaptée. Prenez l'exemple du geste d'un sportif. Je pense que c'est un très bon exemple. Un sportif s’entraîne à faire le même geste. Le coup droit au tennis ou un amorti au foot. Il va s'entraîner, répéter, répéter et répéter. Et pourtant, chaque geste du sportif est un geste unique et qui est adapté aux circonstances. On a à la fois quelque chose qui relève d'une invariance, autrement on n'aurait pas une organisation du geste. Et en même temps, on a en permanence une adaptabilité aux circonstances et aux côtés un petit peu événementiels de la vie. (...) Je crois que c'est ce deuxième couplage entre invariance et adaptabilité, qui permet de postuler que l'activité humaine est organisée. Il est postulé aussi qu’elle est analysable, au moins jusqu'à un certain point. En repérant justement les parties invariantes, on peut essayer de voir comment elle est organisée. Elle est analysable, elle est reproductible, jusqu'à un certain point. (...) Au fond, la théorie de Vergnaud consiste un peu à brouiller ou à remettre en cause cette distinction entre la connaissance et l’action. Avec cette idée qu'il a trouvée chez Piaget. À savoir que la manière que les humains ont trouvée pour s’adapter, c'est la connaissance. La connaissance pour Piaget, c'est d'abord une adaptation. C'est la raison pour laquelle Vergnaud pense qu'il y a toujours deux aspects dans la connaissance : un aspect opératoire et un aspect prédicatif (déclaratif). Autrement dit, la connaissance ce n'est pas simplement la construction d'un savoir théorique, la connaissance est ce qui permet très souvent de guider l’action. Et au fond, on a l'idée que moi j'ai emprunté à Vergnaud, c’est de dire, les organisateurs de l'activité du travail sont de nature conceptuelle , ce sont comme je les appelle des concepts organisateurs.

Pierre Pastré

Un concept organisateur, sa principale fonction, c'est d'orienter l'activité en permettant un diagnostic de situation. En particulier dans le travail moderne, dans le travail tel qu'il se développe aujourd’hui, le diagnostic de situation est devenu l'élément essentiel de la compétence. Être compétent, je crois qu'on peut le dire en particulier dans toutes les activités complexes, ce n'est pas sortir toujours le même mode opératoire. C'est être capable d'ajuster l'organisation de son activité par rapport aux diagnostics qu'on a faits de la situation. Et cela, c'est une fonction opératoire de la connaissance. Je crois que les concepts organisateurs, ils servent à cela. Ils servent à faire un diagnostic de situation et, donc un ajustement pour la réalisation de l’activité. (...) certains concepts organisateurs avaient une origine pragmatique et ils avaient été construits dans l'action (...) dans un certain nombre de cas, ce n'était pas des concepts pragmatiques qui orientaient l’action, c'était des concepts scientifiques, des concepts scientifiques pragmatisés. Jean-François Richard fait la différence entre logique de fonctionnement et logique de pilotage. La forme théorique des concepts sert à comprendre comment les situations fonctionnent, la forme opératoire des concepts consiste à comprendre comment une situation se conduit. D'un côté, vous avez une logique de fonctionnement, on comprend comment ça fonctionne, de l'autre côté vous avez une logique de pilotage ou de conduite. (...) C'est la différence que je fais entre un modèle cognitif et un modèle opératif. Un modèle cognitif répond à la question comment ça fonctionne. Un modèle opératif répond à la question comment on peut agir dessus, soit pour le conduire, soit pour le concevoir… ça c'est vraiment la notion de concept organisateur. Le concept organisateur fait partie de la représentation fonctionnelle qu’à l’acteur construit pour orienter et guider son action. Alors ils peuvent avoir des origines diverses, c'est pourquoi je fais maintenant la différence entre concepts pragmatiques et concepts organisateurs. C'est une question d'origine. Vous avez pour guider l’action des concepts qui ont trouvé leur origine dans l'action elle-même. Et puis vous avez des concepts qui trouvent leur origine dans un savoir scientifique et technique qui a été pragmatisé. (...) On peut dire qu'un concept organisateur il a deux faces. Il a une face objective (...) il est révélé par certaines dimensions de la situation, c'est ce que j'ai appelé la structure conceptuelle la situation. Et il a une face subjective. Il fait partie de la représentation, j'ai que j'appelle, moi, en hommage à Ochanine le modèle opératif du sujet, c'est-à-dire la manière dont un sujet se représente la situation en vue d'agir dessus.

Pierre Pastré

CONTENUS  ET ILLUSTRATIONS

 

<< définition de la didactique professionnelle

<< émergence de la didactique professionnelle

<< principaux concepts : Concepts pragmatiques / organisateurs + SCS + MO, modèle opératif + genre et style (Clôt)...

<< champ d'application dans les métiers de la santé, du service et de l'enseignement.

 

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Les méthodes de la didactique professionnelle

Outre l'analyse du travail en vue de construire des plans de formation, la didactique professionnelle cherche à analyser l’acquisition et la transmission des compétences professionnelles en vue de les améliorer. Comme la didactique des disciplines, elle trouve son ancrage et sa raison d’être dans l’analyse et l’étude des processus d’apprentissages. Elle est donc d’un grand intérêt dès lors qu’elle s’interroge sur le « comment on apprend ? ».

Beaucoup de dispositifs de formation sont sur des problématiques de l’ordre du contenu de l’apprentissage plus que sur le comment on apprend... Trop souvent l’on conçoit des systèmes pédagogiques qui évincent le sujet apprenant et son rapport au savoir, du « rapport à ce qui fait sens ou ne fait pas sens, à ce qui fait trop sens ou pas assez sens » (Develay, 2001). En ce sens, la didactique s’affirmerait « comme un questionnement nouveau par rapport au questionnement pédagogique, dès lors qu’elle considère que la particularité des savoirs enseignés détermine des modes d’apprentissages et des modalités d’enseignements particuliers » (Ibid.).

Ce processus d’articulation de la pratique et d’analyse de la pratique aurait donc pour but d’organiser l’activité et de faire en sorte que le résultat de cette activité soit le meilleur possible. La didactique professionnelle, en cherchant à analyser les modes d’acquisition et de transmission des compétences professionnelles ouvre la porte à de nombreux possibles et notamment à l’amélioration de ces dits modes. On ne cherche pas à mettre en phase un répertoire de situations-problèmes qui renverrait à un répertoire de solutions (ou d’algorithmes de résolutions) mais à {{développer chez les individus une capacité à poser des problèmes et à inventer des solutions.}}

Moins les individus sont amenés à agir selon un répertoire de solutions prédéfinies (tel un livre de recettes) plus ils développent leur capacité à apprendre des situations parce qu’ils donnent du sens à leurs actes et peuvent mettre en scène leurs savoirs.}} Peut-on vraiment apprendre autrement ? {{On peut dire que l’activité de travail n’est pas que consommatrice de compétences acquises au préalable, mais qu’elle peut être source d’apprentissages multiples permettant l’acquisition et la production de compétences nouvelles si l’on considère que l’action n’est pas seulement là pour transformer le réel}}, mais également pour l’interroger...

Source : http://jean.heutte.free.fr/spip.php?article202

TEXTE DU COURS

dont on peut prendre connaissance avant le cours, afin d'en discuter, de le questionner, de demander des éclaircissements

Texte du cours dont on peut prendre connaissance avant le cours, afin d'en discuter, de le questionner, de demander des éclaircissements

Cours sur la didactique professionnelle

DOCUMENTS COMPLEMENTAIRES

DOCUMENTS COMPLEMENTAIRES  

La didactique professionnelle - Revue française de pédagogie Numéros › 154 › Note de synthèse de P Pastré - ‎2006 : La didactique professionnelle a pour but d'analyser le travail en vue de la formation des compétences professionnelles. URL : http://rfp.revues.org/157 

L'analyse du travail en didactique professionnelle

URL : http://ife.ens-lyon.fr/publications/edition-electronique/revue-francaise-de-pedagogie/INRP_RF138_2.pdf

 

La didactique professionnelle : une alternative aux approches de « cognition située » et « cognitiviste » en psychologie des acquisitions

URL : http://www.activites.org/v1n2/Rogalski.pdf

 

La didactique professionnelle : Un point de vue sur la formation et la professionnalisation

Ce texte présente un bilan des ouvrages réalisés dans le domaine de la didactique professionnelle depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui. Le présent travail ouvre aussi des perspectives pour l’avenir. L’analyse des activités, l’analyse des apprentissages et l’analyse des procès formatifs sont les trois éléments principaux. Les deux premiers sujets sont traités dans cet article, tandis que le troisième a été abordé par l’auteur plus dans la pratique qu’au niveau théorique. Pour ce qui concerne l’analyse des activités et des apprentissages nous sommes confrontés aux origines, aux fondements et aux ouvertures liées à chacun des deux éléments. Il est évident qu’un mouvement se produit: aux débuts la didactique professionnelle est très centrée sur l’analyse du travail. Ensuite, peu à peu, l’intérêt pour l’analyse des procès d’apprentissage grandit.

Pdf à télécharger : https://riviste.unimc.it/index.php/es_s/article/download/136/65

 

Didactique professionnelle : vademecum pour débutants :

 http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2010/DDP_Vademecum.aspx