Zoom sur sélection de brèves de presse

Coronavirus : journal d'un médecin

24 Août 2020, 11:43

  • Bertrand Legrand est médecin généraliste dans un quartier populaire de Tourcoing, et responsable syndical.
  • Le 3 septembre, il publie son Journal d’un médecin au temps du coronavirus, récit de son quotidien, de ses connaissances et de ses stratégies face à l’épidémie, du 8 février au 18 mai.
  • Un document sans concession, alors que la France voit un regain des contaminations et que la gestion de l’épidémie a beaucoup fluctué ces dernières semaines.

ous avez la réponse aujourd’hui, puisqu’Olivier Véran applique ce qu’on conseillait en avril : faire des tests automatiques. Ma position repose sur le théorème de Bayes : quand vous avez un test qui a une mauvaise sensibilité, ce qui est le cas du PCR avec un risque de 40 % de faux négatifs, on ne peut pas l’utiliser pour diagnostiquer. En réalité, il faut être clinique : quelqu’un qui tousse et qui crache, il n’y a pas besoin de test. Les choix qu’on a faits n’ont pas enrayé l’épidémie.

Source 20 Minutes : article complet à lire

Et si vous tentiez le masque imprimé avec votre visage ?

12 Août 2020, 11:54

Le masque avec votre visage imprimé 

est à portée de clic.

En ces temps troublés de Covid 19 et d'obligations de porter le masque un peu partout, il est possible d'en faire autre chose, de le décorer, de le customiser voire d'y faire imprimer le bas de son visage. Et pourquoi pas celui de son acteur ou voisine préférés ?

C'est insuffler un peu de joie ou d'humour, ou plutôt d'humanité... à une époque salement triste de coronavirus... et puis qui va refuser de porter un masque à son propre visage sur son visage...

Entre effondrement en Arctique et nouveaux empereurs en Antarctique

11 Août 2020, 20:28

En raison de températures supérieures à la normale, le plateau de Milne dans l'Arctique Canadien a perdu 40% de sa superficie en seulement deux jours, en ce mois d'août 2020. La surface du plateau a diminué d'environ 80 kilomètres carrés, ce qui équivaut à plus que la superficie de l'île de Manhattan, à New York (environ 60 kilomètres carrés). Cette désintégration de la plus grande plateforme glaciaire encore intacte constitue une nouvelle conséquence du réchauffement climatique.
En revanche, de l'autre côté du monde, dans l'Antartique, des images fournies par un nouveau satellite, le Sentinel-2 de l'Agence spatiale européenne, ont permis de répertorier onze nouvelles colonies de manchots empereurs. Cette découverte porte à 61 le nombre de colonies connues, des scientifiques, sur le continent austral. C'est une belle augmentation de 20% du nombre de colonies répertoriées.
De quoi se réjouir dans un hémisphère, et de s'inquiéter dans l'autre... ainsi va une planète dont la destinée ne préoccupe pas encore tout un chacun, citoyens comme décideurs...

Dernière interrogation d'après confinement...

 

Selon Edgar Morin, la mondialisation est une interdépendance en solidarité. Il explique que le mouvement de globalisation a produit l'unification certes techno-économique de la planète, mais cela n'a pas fait progresser la compréhension entre les peuples. Pourtant, les périls écologiques, les armes nucléaires, l’économie déréglée créent de fait une communauté de destin pour les humains, mais il n'y a pas de prise de conscience. Est-ce que la crise du coronavirus va faire progresser la conscience de solidarité humaine à l'échelle planétaire ? Selon le philosophe, le grand risque est bien la fermeture égoïste des nations sur elles-mêmes. Ne faudrait-il pas abandonner la doctrine néolibérale pour un "New Deal écologique et social" ? Il s'agit de restaurer des solidarités entre voisins, entre travailleurs, entre citoyens, entre pays. Peut-être s'agit-il de penser globalement et localement la fois : ce qui conduit à re-localiser les productions essentielles de l'agriculture aux médicaments, à reconsidérer la consommation et le consumérisme, à réfléchir à l'intoxication à des produits sans véritable utilité ou en trop grande quantité...  Le confinement a eu le mérite de permettre une pause dans l'existence pour tout un chacun, d'échapper un temps à l'incessant « métro-boulot-dodo » afin de penser l'instant et son destin personnel. Échapper au zapping pour tenter la pleine conscience...

Toutefois, demeurons optimistes : l'avenir se réinvente déjà en regardant notre passé. L'économie solidaire et le numérique font renaître les "communs" ayant émergé dès le moyen-âge. Il s'agit d'anciens droits d'usage médiévaux (« commons »en anglais) qui autorisaient les villageois à faire paître leurs animaux, ramasser le bois mort ou bien cueillir les champignons dans les prés ou dans des bois communaux. Ces droits avaient disparu avec le développement de la propriété privée et du libéralisme économique.

Aujourd'hui, ce sont des ressources partagées et gérées par une communauté dans le but de les développer et préserver. Les communs peuvent alors être naturels, comme un jardin partagé ou matériel (comme des véhicules, des maisons, des coopératives de production d'énergie renouvelable) ou encore immatériel (logiciel libre savoir-faire, connaissance...).

Si l'extension des droits de propriété peut menacer l'accès à la connaissance, les logiciels libres et l'Internet sont reconnus comme des communs, des ressources communes qui appartiennent à tous et dont tout le monde peut profiter.

La crise climatique et la contestation, qui va croissante, du modèle néolibéral favorise le développement de ce nouveau champ politique et économique du commun. Des collectifs de citoyens prennent en main plusieurs aspects du quotidien dans les domaines d'approvisionnement, en énergie, dans le logement, dans la mobilité ou l'alimentation. Cela devient une véritable alternative aux offres étatiques ou marchandes. Les citoyens observent une double motivation à participer à leur fonctionnement : le souhait de créer une nouvelle société avec de nouvelles règles et d'autre part le besoin d'utiliser des ressources dans un contexte économique difficile.

C'est aussi un moyen de reconstruire du lien social à partir d'un intérêt commun, c'est une réponse en définitive à la crise économique et à une crise morale, voire éthique, à une crise des valeurs. L'esprit de la mutualisation remplace la surexploitation des ressources planétaires, un système marchand qui épuise les écosystèmes. La mutualisation (solution de partage de voiture, de lieu de travail, de marchés, de monnaie locale, de recherches open sciences, d'alimentation, d'énergie, de savoirs...) est ainsi un nouveau modèle d'avenir prometteur, permettant des dépenses en usant moins de ressources. C'est mettre "au pot commun", avec des réseaux "de pair à pair".

Un revenu universel pour sortir de la crise ?

Régulièrement évoqué comme une alternative aux différents modèles redistributifs européens, le revenu universel fait son retour dans le débat à la faveur de la crise économique, pour palier l'instabilité qu'elle engendre. A quoi correspond-il, et comment est-il envisagé par les pays européens...  (...)

Après la pandémie de Covid-19, l'heure est à la réflexion sur le "monde d'après". Pour ses défenseurs, l'heure est venue pour un revenu universel qui permettrait de protéger économiquement les citoyens face aux crises. Le gouvernement espagnol est devenu vendredi 29 mai le premier d’Europe à faire un pas vers celui-ci...

La musique comme reflet de la société

La musique est le reflet de la société. D'une certaine façon, la musique suit le chemin sur lequel chemine la société. Une étude (de Kathleen Napier et Lior Shamir) sur les chansons plébiscitées par les auditeurs (au travers du Top 100) montre ce que les auditeurs souhaitaient entendre. Pas tant ce que les chanteurs et musiciens voulaient dire. Cette étude montre que la société fait preuve d'un fort impact sur la musique. Les chansons les plus populaires qui étaient les plus écoutées correspondaient à ce que les gens avaient envie d'entendre.

Vers le tournant des années 1970-1980, les paroles des chansons ont commencé à perdre en joie et à gagner en colère. Cela s'explique car dans les années 1950 la musique était surtout destinée au divertissement. À partir des années 1960, la chanson s'est mise à exprimer des opinions sociales et politiques. La donne change complètement.

On note cependant un petit temps d'arrêt de l'inquiétude en 1988. Le niveau de peur chute d'un coup. On peut trouver l'explication dans la fin de la guerre froide, avec la fin du mur de Berlin. Les chansons sont de nos jours bien plus tristes. Il y a plus de tristesse et de colère dans les chansons. La colère  ne cesse de croître actuellement. La société est plus énervée, plus revendicative, plus éclatée, plus incertaine. Comme l'avenir toujours incertain pour beaucoup de personnes. D'ailleurs, cette colère s'exprime sur les réseaux sociaux.

Notons également que les labels musicaux ont perdu tout le contrôle qu'ils avaient jadis sur la musique qui se diffuse désormais via les réseaux sociaux et l'Internet. Comme il y a moins de filtres ou d'intermédiaires, des rythmes, des paroles, des langages s'expriment plus librement. Cette nouvelle liberté amène à des chansons plus durs, plus énervées, plus radicales, voire plus engagées.

D'après Society magazine du 9 janvier 2020

Les scientifiques Kathleen Napier et Lior Shamir ont analysés les paroles des chansons du Top 100 américain de 1951 à 2016 (soit plus de 6000 morceaux) à l'aide d'une intelligence artificielle attribuant à chaque titre des notes de 0 à 1 pour signifier les émotions comme la colère, la joie, la tristesse, la peur et le dégoût. En conclusion, comme résultat : la pop music n'a jamais été aussi triste, disent-ils.

Society magazine

L'Asie, grande championne mondiale

en matière d'éducation ?

24 Novembre 2019, 21:00

Quelle insolence ! L'Asie marche sur le monde. Le classement Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), publié au mois de novembre dernier par l'OCDE, comparant les connaissances des élèves de 15 ans du monde entier, en atteste. Sur les 10 contrées au système éducatif jugé « performant » , cinq sont asiatiques. La Chine domine. Elle est représentée par quatre de ses 23 territoires en tête du classement : Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang. Singapour et deux régions autonomes de la Chine occidentale suivent : Macao et Hongkong (une nuance, toutefois, ces provinces sont les plus industrialisées de Chine et leurs résultats seraient donc comparables à ceux de l'Ile-de France, pas de la France entière). La Corée du Sud prend la 7e place. La France, elle, se situe au 23e rang sur 79 pays évalués. Le détail de ce classement donne la mesure de la domination asiatique sur le monde.

Prenons les champions planétaires, ces écoliers de quatre provinces de République populaire de Chine. Leur niveau en lecture dépasse de près de 70 points la moyenne des pays membres de l'OCDE. Et, en mathématiques et en sciences, l'écart est plus grand : respectivement de 102 et 101 points. Bref, un gouffre les sépare du reste de l'humanité. Ces résultats sont à contextualiser. Dans chacun de ces pays, la pression sur les épaules des plus jeunes est démentielle ; les parents s'endettent pour payer des cours privés pour que leurs enfants se placent en tête de classe....

Bref, un gouffre les sépare du reste de l'humanité. Ces résultats sont à contextualiser. Dans chacun de ces pays, la pression sur les épaules des plus jeunes est démentielle ; les parents s'endettent pour payer des cours privés pour que leurs enfants se placent en tête de classe....

Suicide sur le lieu de travail scolaire :

LE GRAND EPUISEMENT D'UN SYSTEME ?

Directrice d’école à Pantin (Seine-Saint-Denis), Christine a mis fin à ses jours le week-end dernier. Elle était une collègue de la circonscription voisine, où je travaillais, à l'époque où j'étais "instit". J'en ai été bouleversé...

Dans une lettre témoignage, diffusée sur les réseaux sociaux, elle décrit son quotidien, la masse de travail qui s’accumule, le manque de reconnaissance et de soutien. Et surtout son épuisement, trois semaines seulement après la rentrée.

La directrice de l’école maternelle Méhul de Pantin, établissement situé dans un quartier dit « sensible » de Seine-Saint-Denis, a mis fin à ses jours le week-end dernier. Son corps a été retrouvé lundi matin dans le hall de l’école (qui accueille 300 enfants). Depuis quelques heures, un courrier rédigé de sa main, tapé sur un clavier d’ordinateur, circule sur les réseaux sociaux. 

Dans cette lettre adressée à tous les établissements scolaires de la ville, l’enseignante de 58 ans (dont sept à la tête de l’école Méhul) détaille "son épouvantable fatigue" après seulement trois semaines d’école. 

« Les soucis depuis bien avant la rentrée se sont accumulés. C’est le sort de tous les directeurs malheureusement. Il n’y a que les inspecteurs et inspectrices générales qui annoncent en réunion, la voix légère, que les directeurs ont de très lourdes responsabilités et qu’il vaut mieux à être à leur place qu’à la nôtre. Mais comment pensent-ils à améliorer nos conditions d’exercice ? »

Source :

https://amp.ouest-france.fr/societe/faits-divers/retrouvee-morte-lundi-la-directrice-de-maternelle-confiait-dans-une-lettre-son-epouvantable-fatigue-6537849

Le 23 septembre dernier, Christine Renon, directrice d'école de Pantin se suicidait, "épuisée" par son travail. Ce jeudi 3 octobre 2019, plusieurs de ses collègues font grève pour dénoncer leurs conditions de travail. Se pose la question de l'épuisement d'un système qui ne correspond plus aux réalités actuelles... Combien de souffrances avant création d'un vrai métier ?

Ph. Clauzard

"La disproportion entre la demande de minute de silence à effectuer lundi en hommage à Jacques Chirac et le silence assourdissant de l'Éducation nationale autour du décès de notre collègue Christine Renon est choquante", estime le Snuipp Fsu dans un communiqué. Face aux carences du ministère, le SNUipp-FSU invite les personnels des écoles à rendre hommage à Christine Renon jeudi 3 octobre à l’occasion de ses obsèques et du CHSCT départemental spécial de Seine-Saint-Denis". Le Snes Fsu, représentant des personnels du 2d degré, entend lui aussi s'associer à cet hommage. " C’est toute la communauté scolaire, dans sa diversité de métiers, qui se reconnait dans le sentiment d’abandon exprimé par Christine Renon : les personnels sont laissés seuls face aux difficultés toujours plus aiguës que connaît l’Ecole. Ils composent avec l’absence de soutien d’une hiérarchie plus prompte à mettre en œuvre les nouvelles politiques publiques managériales qu’à faire corps avec la profession, à imposer des réformes pensées sans et contre les personnels. Ces pratiques managériales méconnaissent les réalités de l’enseignement, dessaisissent les personnels de leur expertise, et ne leur accordent ni reconnaissance ni les moyens nécessaires à l’exercice de leur métier. Aujourd’hui, les personnels sont tiraillés entre le sens de leur engagement et la réalité qu’ils vivent au quotidien. Ce sont ces situations professionnelles qui sont responsables d’une grande souffrance et sont à l’origine de ce drame", écrit le Snes Fsu.

PREMIERS PAS SUR LA LUNE, C'ÉTAIT IL Y A 50 ANS : VOUS ÉTIEZ OÙ ? DEMANDENT-ILS À LA RADIO. Moi je me souviens bien, j'avais 8 ans. On était (avec mes parents) dans une pension pour ma cure thermale à Allevard les Bains, et on écoutait la radio. Je ne voyais rien, mais j'imaginais. C'était encore mieux...

Zoom sur sélection de brèves de presse

DISPARITION DU CHANTEUR SUD-AFRICAIN JOHNNY CLEGG : LE ZOULOU BLANC

Johnny Clegg a puisé dans la culture zoulou son inspiration pour concevoir une musique révolutionnaire, où les rythmes africains endiablés cohabitent avec guitare, clavier électrique et accordéon. Chanteur engagé contre l’apartheid, il avait connu le succès avec son groupe Savuka. En 1988, leur chanson Asimbonanga avait été dédiée à Nelson Mandela, qui était alors prisonnier. Il était le zoulou blanc qui combattait le système de l'apartheid.

DE LA REVENDICATION DU R.I.C.

Trois lettres, formant l'abréviation de référendum d'initiative citoyenne, sont devenues la revendication numéro 1 d'une grande partie des Gilets jaunes. Elles désignent une soif de démocratie directe, ou pour le moins de démocratie participative. Le RIC est entré dans le débat social. Les politiques gagneraient à ne pas ignorer cette revendication, car la confrontation des idées vaut mieux que la violence de rue. La voix des citoyens ne peut seulement s'exprimer qu'aux seules élections majeures. Il y a soif de se faire entendre, d'exister et de peser vraiment dans les prises de décisions. C'est la démocratie, non ?

78% des Français sont pour le RIC
"Les Français sont unanimes à soutenir la demande des Gilets Jaunes de substituer au RIP actuel ce fameux RIC. 78% d’entre eux s’y déclarent favorables, la moitié de ceux-ci y étant même très favorables", observe Gaël Sliman, président d’Odoxa. "En fait, le consensus est quasiment absolu dans l’opinion : 79% des CSP+ et 85% des CSP- sont favorables au RIC et, sociologiquement les moins favorables à cette novation sont tout de même les deux-tiers à la soutenir : il s’agit des seniors (67%) et des diplômés du supérieur (66%)."

"Finalement, il n’y a qu’une seule et unique catégorie de population en France à ne pas être massivement favorable au RIC... ce sont les sympathisants LaREM : 58% d’entre eux s’y déclarent opposés."

JOURNAL LA DEPECHE

Du grec "demos", peuple, et "kratos" signifiant, pouvoir, autorité et du latin "participatio", participer; la démocratie participative désigne l'ensemble des dispositifs et des procédures qui permettent d'augmenter l'implication des citoyens dans la vie de la cité, dans la vie politique. Elle permet d'accroître leur rôle dans les prises de décision. On peut parler à ce titre de cahiers de doléance, de forums numériques interactifs, de réunions citoyennes de quartier, de référundums d'initiative populaire (comme en Suisse).

JUSQU'OU L'AUTONOMIE DES UNIVERSITES VA-T-ELLE NOUS MENER ? Nous reprenons ci-dessous un article de notre collègue Igor Babou.

 

Igor BABOU : J’apprends à l’instant qu’une énième réforme du supérieur, menée comme d’habitude sans aucune consultation des personnels, vient de supprimer le statut national des Équipes d’Accueil, c’est à dire le statut le plus courant des laboratoires de Lettres et Sciences humaines et sociales en France. J’ai recopié plus bas le texte de l’annonce de cette réforme. Il s’agit d’un nouveau transfert de responsabilité de l’État vers les établissements, qui fait courir à la recherche le risque de nouveaux arbitrages locaux et de nouvelles restrictions, telles que nous les vivons déjà dans le domaine de la formation.

La principale ligne d’interprétation logique de cette nouvelle est en effet celle d’une réforme libérale de plus : l’enjeu n’est pas donner plus de liberté pour faire de la meilleure recherche dans de bonnes conditions, mais de rendre impossible le dépassement des localismes bureaucratiques et économiques qui nous étouffent déjà. Ces contraintes étaient déjà difficiles à supporter dans les universités des grandes villes (celles destinées à devenir des universités dites d’excellence : quelle prétention ridicule, au passage !), et rendaient notre travail de moins en moins intéressant, mais on imagine bien la chape de plomb qui va retomber sur les universités et laboratoires de province ou des ex DOM-TOM, où la seule logique d’action et de développement sera l’assujettissement aux bassins d’emplois locaux, avec une perte de légitimité des enjeux scientifiques extra-économiques qu’on pouvait encore négocier au nom d’un label attribué de manière nationale sur des critères certes discutables, mais encore relativement homogènes et respectés. De même, plaignons les disciplines rares ou les thématiques peu à la mode, ou les épistémologies pas très “bankable”. Bref, c’est en gros ce qu’on dénonçait depuis nos premières AG du début des années 2000 qui est en train de s’installer durablement dans toutes nos structures… la mise sous tutelle de la recherche et du supérieur par le marché et par nos administrations, puisque le seul objectif auquel adhèrent aujourd’hui nos présidences et celles et ceux qui les servent, c’est en effet servir le marché, et surtout être serviles…

Suite de la tribune : http://igorbabou.fr/la-fin-des-equipes-daccueil/ 

Après vingt ans passés auprès de salariés en souffrance, la psychologue Sylvaine Perragin dénonce, dans «le Salaire de la peine», le business bien huilé du bien-être des salariés, tourné avant tout vers la performance. Extrait de Libé.

Les salariés des grandes entreprises, et parfois des moins grandes, connaissent bien cette impression étrange lorsqu’au détour d’un questionnaire ou d’une formation la structure qui les emploie affiche une préoccupation pour leur bien-être. Il y a comme un décalage, comme une imposture sous-jacente difficile à identifier. Les directions des ressources humaines proposent parfois du coaching pour «gérer son stress», mettent en place une «hotline psy», organisent des «expérimentations managériales» qui vont permettre de «mettre l’humain au cœur du process» pour que les salariés, pardon, les «collaborateurs», soient épanouis. Mais aucune des solutions proposées pour régler les problèmes identifiés n’ira jusqu’à remettre en cause de façon opérationnelle l’organisation du travail qui les a fait naître.

Sylvaine Perragin travaille depuis vingt ans en tant que psychologue du travail indépendante. Dans son livre le Salaire de la peine (Le Seuil) , elle décrit un système mortifère qui a fait de la souffrance au travail un business des plus rentables. Et des plus inutiles. Car depuis la prise de conscience de l’existence de ce phénomène, notamment avec la parution en 1998 de Souffrance en France de Christophe Dejours, et surtout après les dramatiques vagues de suicides chez Renault et France Télécom entre 2006 et 2009, des moyens ont été alloués pour lutter contre le mal-être des salariés. Pour quels résultats ? En 2014, une étude du cabinet Technologia estimait à 3,2 millions le nombre de Français en danger d’épuisement. Une autre étude de l’Institut de veille sanitaire (INVS) évaluait, en 2015, à 480 000 le nombre de salariés en souffrance psychique au travail, dont 30 000 en situation de burn-out. C’est que, selon Sylvaine Perragin, les cabinets de ressources humaines «ont fait de la souffrance au travail un véritable marché avec un produit à vendre, en l’occurrence le "bonheur au travail" pour une performance accrue».

Dans l’évolution du langage, on est passé de la souffrance physique à la souffrance mentale, aux risques psychosociaux, puis au stress au travail, et on a basculé dans le positif avec la «qualité de vie au travail», puis le «bien-être» au travail, et maintenant on en est au «bonheur». Et je suis persuadée que bientôt, ça fera partie des objectifs à atteindre, d’être heureux au travail. Et ceux qui ne sont pas heureux, ils commettront une faute, ils vont finir par poser problème. Ils seront sur la pente de l’exclusion.

On a bien aimé l'article suivant. Dessine t-il les contours d'une SOCIETE POST-MODERNISTE ?

OEUVRE "AUTODÉTRUITE" de BANSKY :

un pied de nez au marché de l'art ?

Samedi 6 octobre, une célèbre oeuvre de Bansky était vendue au Sosby's. Une toile de plus d'un million d'euros qui s'est autodétruite au moment de sa vente. Du jamais vu dans l'histoire de l'art. Un stratagème inventé par le facétieux Banksy, qui a révélé les dessous de son coup monté. Dans une vidéo, on voit l'artiste anonyme fixer et dissimuler la broyeuse à l'intérieur du cadre. L'opération aurait été réalisée il y a plusieurs années. Parmi les personnes présentes dans la salle, lors de cette invraisemblable vente aux enchères, une des personnes se souvient qu'au début, personne n'en revenait: Il était "sous le choc". Des témoins disent avoir aperçu un homme avec un chapeau quitter précipitamment la salle, une télécommande à la main. Pour cet autre témoin, il est sûr que "pour que la télécommande marche, il fallait visiblement être dans la salle. Est-ce que c'est Banksy ou pas, j'aurais tendance à dire qu'il aurait pu être dans la salle", conclut-il. Les caméras de surveillance de la salle livreront peut-être un jour le secret de cette incroyable ruse.  (rapporté par FranceTVInfo)

Questions: Qu'est-ce qu'à voulu signifier l'artiste ? Dénoncer le marché de l'art avec ses sommes extraordinaires sans aucune commune mesure ? Faire un coup pour augmenter le valeur de son oeuvre ? Ou encore dire que l'art n'est rien sinon un caprice de créateur qui possède droit de vie et de mort sur son oeuvre ?

Pour Nicolas Laugero Lasserre, collectionneur et directeur de l’ICART, "Banksy l’artiste de street art le plus célèbre du monde est définitivement devenu un génie”. Le galeriste anglais Robert Casterline, très amusé, a eu la formule : “Banksy s’est encore moqué du marché de l’art qu’il méprise tellement”.

Google a 20 ANS : mais d’où vient ce nom ?

Un dénommé Edward Kasner, mathématicien américain, invente le terme «googol» («gogol» en français) pour désigner un «nombre 10 élevé à la puissance 100 (10 suivi de 100 zéros)», explique Alain Rey dans 200 drôles de mots qui ont changé nos vies depuis 50 ans.  Un nombre sans autre intérêt arithmétique que son «énormité», explique le lexicologue. Mais alors, pourquoi le baptiser ainsi? «Plusieurs onomatopées en gog-, gug- existaient en anglais, dont le verbe goggle, «rouler des yeux ronds», analyse Alain Rey. Le nom pourrait faire allusion à l'ahurissement».  En 1996, Larry Page and Sergey Brin, étudiants à l'Université de Stanford, ont une idée révolutionnaire: créer un moteur de recherche capable de scanner les pages du web. Un de leurs camarades propose de le baptiser «googolplex» (le nombre 10 élevé à la puissance gogol). Un nombre aux zéros paraissant interminables, symbolisant sans doute la quantité des données récupérées par les étudiants. Le mot fut éventuellement «abrégé en «googol», mal transcrit en google», raconte le lexicologue.

LA FIN DE LA VOITURE... en ville (d'après un article de Nicolas Colin dont on partage le point de vue !)

L’une des décisions politiques les plus courageuses des quinze dernières années est due à Xavier Bertrand. En 2006, alors qu’il était ministre de la Santé dans le gouvernement de Dominique de Villepin, il a imposé, contre vents et marées, l’interdiction de fumer dans les cafés et restaurants. Xavier Bertrand a d’abord dû faire face à une farouche résistance.

Les cafetiers et buralistes se sont mobilisés contre sa décision car ils redoutaient une baisse de leur chiffre d’affaires. Mais les pouvoirs publics ont tenu bon et, après une période d’ajustement, la mesure a révélé son impact positif. Une fois l’air redevenu respirable, ces lieux de convivialité que sont les cafés et restaurants ont enfin pu être fréquentés à nouveau par tous ceux qui redoutaient le tabagisme passif, à commencer par les familles avec enfants. Dix ans plus tard, l’interdiction de fumer dans ces lieux nous semble évidente. Une décision politique courageuse a radicalement bouleversé nos normes sociales.

Malheureusement, les pouvoirs publics n’ont pas eu le même courage sur un dossier plus récent : la limitation du trafic automobile dans les grandes villes. Des mesures ont été prises contre la prolifération des moteurs diesel, qui émettent des particules fines dangereuses pour la santé.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a quant à elle décidé la fermeture définitive des voies sur berge aux voitures (mesure annulée depuis par le tribunal administratif).

Mais aucun dirigeant ne s’est inspiré du Xavier Bertrand de l’époque et n’a mis sur la table la seule mesure qui changerait radicalement la donne : la fin de l’usage des véhicules personnels dans les grandes Villes.

Extrait d'Article issu de L’OBS de mars 2018

LA DISPARITION DU TRAVAIL

André Gorz est souvent présenté comme un des théoriciens de « la fin du travail » pour reprendre le titre du livre de Jeremy Rifkin (lui aussi rangé dans cette même catégorie). Cette catégorisation n’est pas abusive bien entendu mais elle fait l’impasse non seulement sur la subtilité de l’analyse gorzienne mais surtout sur l’évolution de sa pensée en la matière.

Dans une réflexion sur « Emploi et travail chez André Gorz » [2], Denis Clerc et Dominique Méda concluent leur texte par ces quelques mots : « Oui, nous dit Gorz, le travail est important parce qu’il nous permet de produire ce dont nous avons besoin. Oui, la technique est importante, parce qu’elle permet de réaliser cette production avec la moindre dépense de travail. Mais ni l’économique ni le travail ne sont le tout de la vie : remis à leur juste place (modeste), ils joueront le rôle d’un marchepied vers une société cessant d’être « unidimensionnelle » : là est le véritable enrichissement ». Puis ils prolongent : « Le travail permet sans doute que le règne de la nécessité cède la place au règne de la liberté, mais Gorz ajoute, à juste titre, que si le travail est la condition pour sortir du règne de la nécessité, il n’organise en rien le règne de la liberté ». Règne de la nécessité d’un côté, règne de la liberté de l’autre, on le sait cette distinction a été pour la première fois formulée par Marx dans un court (et célèbre) passage du livre III du Capital.

(…)

André Gorz a ensuite franchi une étape supplémentaire sur la question de l’émancipation vis-à-vis du travail, en se prononçant, à partir du milieu des années 1990, pour l’instauration d’un Revenu d’existence... Ce que très longtemps après, repris Benoît Hamon dans son programme des primaires pour la Présidentielle de 2017.

André Gorz a ensuite franchi une étape supplémentaire sur la question de l’émancipation vis-à-vis du travail, en se prononçant, à partir du milieu des années 1990, pour l’instauration d’un Revenu d’existence...

Réécriture féministe de KID pour la journée 2018

des DROITS DES FEMMES :

En cette journée internationale des droits des femmes, Barbara Pravi a souhaité leur rendre hommage avec la libre adaptation de "Kid" de Eddy de Pretto. Ces paroles sont comme un hymne au dictât de la femme, comme l'est Kid d'Eddy de Pretto pour les hommes. Bravo !!

BREVES DE RIRE

 

Cette semaine, Manuela découvre son nouveau lieu de travail, une école. En écoutant la maîtresse lui expliquer comment appeler chaque chose de manière politiquement correcte, elle se dit qu’elle a bien de la chance d’être femme de ménage et pas enseignante.

 

C'est à mourir de rire, regardons-nous, regardons les excès de notre monde post-moderne... Y a-t-il plus d'enfants normaux ? Les espaces de confinement partagés... les supports graphiques végétalisés... l'espace de transition émotionnelle... hi... hi... AH !!