Zoom sur l'intelligence artificielle... en débat

 

Dans son livre Human Compatible, publié en anglais au mois d’octobre, Stuart Russell propose une grande réforme de l’intelligence artificielle, dont il craint que l’humanité perde un jour le contrôle. À la définition actuelle, trop dangereuse et simplificatrice de l’IA, le chercheur oppose la notion de "machines bénéfiques". (...) voitures autonomes, assistants vocaux, maisons connectées… (...) armes de destruction massive (...) smart cities (...) education connectée (...) perte de contrôle, changement de paradigme, anticipations...

Et si l’humanité parvenait enfin à créer, dans un futur proche, une intelligence artificielle « super-intelligente », c’est-à-dire dotée d’une capacité intellectuelle égale voire supérieure à la nôtre ? Que se passerait-il ? 

À propos des smart cities, par exemple, Russell se montre enthousiaste en rappelant qu’1,2 million de personnes meurent dans des accidents de voiture chaque année, et que des dizaines de millions d’autres souffrent de blessures.

Les villes vont passer du modèle des voitures individuelles et des bus larges à celui des transports partagés et des véhicules électriques autonomes, fournissant des services de porte-à-porte et des transits massifs à grande vitesse entre différents hubs

https://usbeketrica.com/article/comment-rendre-les-ia-humbles-pour-eviter-qu-elles-ne-detruisent-l-humanite

Même optimisme en dehors de ces questions de pur « confort » : pour Russell, le secteur de l’éducation, notamment, devrait bientôt pouvoir profiter des progrès de l’IA. Le tutorat personnel étant reconnu comme beaucoup plus efficace que l’enseignement en classe, il pourrait être généralisé grâce au numérique. (...)

Avec des tuteurs sous forme d'intelligence artificielle, le potentiel de chaque enfant, qu’il soit pauvre ou pas, pourrait être réalisé. Le coût par enfant [d’un tel système] serait négligeable, et chacun pourrait vivre une vie bien plus riche et bien plus productive. La poursuite d’activités intellectuelle et artistique, aussi bien individuellement que collectivement, deviendrait quelque chose de banal plutôt qu’un luxe.

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L’auteur se montre bien plus inquiet, en revanche, concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins malveillantes. Qui viseraient, au hasard, à manipuler nos comportements et à bâtir des armes militaires.

Imaginons qu’on ordonne à une intelligence artificielle de lutter contre le réchauffement climatique en restaurant le niveau de dioxyde de carbone dans l'air au niveau où il était à l'ère pré-industrielle (...) Si elle identifie cela comme son seul objectif, une solution facile pour elle serait d'aller à la source du problème : nous. Se débarasser de tous les êtres humains résoudrait donc son problème.

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Google a développé une intelligence artificielle capable de générer sa propre IA.

Au cœur du dispositif : la vision et la reconnaissance de l’environnement. Inception, ou mise en abyme, comme vous voulez. C’est déjà la deuxième étape de ce dont est capable l’intelligence artificielle (IA) et que nous n’avions peut-être pas prévue : sa capacité à créer elle-même sa propre IA.

(...)

En mai 2017, des chercheurs de Google Brain (le genre de nom qui fait un peu peur) ont annoncé la création d’AutoML, une intelligence artificielle capable de générer ses propres IA. Et cela n’a pas traîné :  l’IA qui peut construire l’IA a engendré sa propre créature, qui selon Google aurait surclassé tous ses homologues humains. Lire la suite ci-dessous

Pour traiter les innombrables données – textes, images, sons, géographiques, comportements… – que les nouvelles technologies permettent de recueillir à chaque seconde, les robots sont essentiels. Leur usage indispensable.

Ne pas opposer les intelligences. Faut-il pour autant opposer l’intelligence artificielle (IA), qui regroupe l’ensemble des technologies qui peuvent comprendre leur environnement et agir en conséquence, et l’intelligence humaine, naturelle ? Bien sûr que non ! Nés de la main et du cerveau des hommes, les robots tels que les applications de machine learning (apprentissage automatique), capables par exemple de réaliser des analyses prédictives, les chatbots – ou agents conversationnels – ou les logiciels de traduction automatique ne sont que des outils. En leur confiant des tâches automatisables, répétitives, bien souvent sans valeur ajoutée, on peut libérer l’énergie des collaborateurs qui jusqu’ici assuraient ce type de fonctions et renforcer – par exemple – le service aux clients.

Par ailleurs, les robots n’étant pas capables de prendre leur destin en main, il faudra toujours quelqu’un pour leur apprendre à fonctionner, pour les paramétrer, puis contrôler la bonne exécution de leurs missions et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Selon un top 15 réalisé par Linkedin, "ingénieur en intelligence artificielle" sera le deuxième métier le plus recherché en France en 2020, notamment dans l'info-com, l'informatique et le Web. Le secteur est en plein boom. La Finlande, qui était à la tête de l'Union européenne jusqu'au 31 décembre dernier, a annoncé vouloir initier gratuitement 1% des citoyens européens à l'IA, afin que le Vieux Continent soit mieux armé à l'avenir. Mais pour quelles fonctions ?

Dans son post de blog, 20 prédictions et 0 bullshit*, le consultant et enseignant spécialisé en IA Eytan Messika avance en substance que deux grands domaines vont croître en 2020 : ceux qui relèvent de la recherche fondamentale – les bases autrement dit –, et ceux rattachés à des fonctions périphériques aux nouvelles applications. Le développement de voitures autonomes, écrit-il à titre d'illustration, induit "la création de microservices comme par exemple des logiciels de vision (Mobileye), des capteurs (Velodyne), des plateformes de simulation (Cognata) pour soutenir ce nouveau marché". Dans le même esprit, les services liés à la protection des données et plus généralement à l'éthique seraient appelés à se développer en 2020.

« iHuman – L’intelligence artificielle et nous », le spectre de la toute-puissance

L’intelligence artificielle est en train de changer nos vies mais à quel prix ? Ce documentaire donne la parole à ses partisans comme à ses opposants.

L’intelligence artificielle (ou IA) est déjà partout dans nos vies. Sur internet, via des algorithmes, elle décide des publicités qui nous sont proposées, nous recommande une série sur Netflix, détermine notre degré de risques lors de la souscription d’une assurance. Bientôt, lorsque vous postulerez à un emploi, c’est elle qui analysera votre CV. Reconnaissance faciale, assistant intelligent, voiture autonome… son champ d’action est immense. A l’avenir, elle pourrait même permettre de guérir certaines maladies, faire face au changement climatique ou combattre la pauvreté…
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Mais à quel prix ? Car ne pourrait-elle pas également influer sur nos comportements et nos opinions, saccager l’idée même de sphère privée, aider les régimes autoritaires à asseoir leur pouvoir ? 
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A l’heure où notre identité est définie par des données numériques, ce nouvel or noir dont les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) font abondamment commerce, le débat sur l’IA, « le plus grand de notre époque », selon lui, est devenu incontournable.

D’autant que l’intelligence artificielle générale (IAG), capable d’apprendre seule et même de dépasser les capacités humaines, pourrait bien devenir un monstre incontrôlable à la toute-puissance dévastatrice, se retournant contre sa créatrice : l’humanité.

Si l’alliance entre le fantasque Elon Musk et l’austère Bill Gates a de quoi surprendre, elle vient pourtant de porter ses premiers fruits, et non des moindres. Un an après l’accord conclu entre les entreprises OpenAI et Microsoft, l’algorithme “GPT-3” sortait officiellement du bois le 28 mai 2020 sous la forme d’une publication scientifique (voir ici). S’il ne s’agit pas encore de la super-intelligence dont rêvent les transhumanistes, l’avancée est suffisamment significative pour ouvrir de vraies questions politiques. 

Les performances de ce réseau de neurones surdimensionné (175 milliards de paramètres) font fantasmer et frissonner geeks et techno-sceptiques du monde entier par sa capacité à imiter l’être humain dans une incroyable diversité de contextes linguistiques. Au menu des réjouissances, on retrouve évidemment la traduction, la correction orthographique et l’auto-complétion de phrases, mais également la réponse à des questions ouvertes, la rédaction de textes imitant le style d’auteurs connus ou encore le codage de pages web et même une surprenante capacité à résoudre des problèmes d’arithmétique. Suite ci-dessous...

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