Zoom sur l'étude de la langue, la grammaire

« En France, l’orthographe sert à se distinguer socialement »

Pour l’historien Claude Lelièvre, spécialiste du système éducatif, l’orthographe est une passion récente que les Français se plaisent à entretenir. L’historien Claude Lelièvre, spécialiste du système éducatif, revient sur la polémique qui oppose, depuis deux semaines, le ministère de l’éducation nationale à l’Académie française sur des « rectifications » orthographiques remontant à 1990.

LIVRE DE REFERENCE

Manesse Danielle ; Cogis Danièle ; Dorgans Michèle & Taller Christine. Orthographe, à qui la faute ?/ postface d’André Chervel. Issy-les-Moulineaux : ESF, 2007. – 250 p.

Malgré son titre quelque peu accrocheur, cet ouvrage n’est pas un ouvrage polémique et nostalgique de plus sur la baisse de niveau des élèves et de l’enseignement qui en serait la cause. S’il peut être lu dans cette perspective et s’il a alimenté au moment de sa parution nombre de débats médiatiques, il est d’abord le fruit d’un questionnement et d’un constat récurrents de D. Manesse sur les possibilités offertes (ou non) aux élèves d’aujourd’hui de construire les ressources nécessaires à une scolarité longue et une intégration sociale, du fait des modalités de l’enseignement du français, profondément renouvelées par les programmes de 1996, ; en particulier quand il s’agit des élèves pour lesquels l’école est le lieu majeur de l’acquisition de ces ressources. Au demeurant, cette recherche, comme les précédentes de D. Manesse sur la même question ont aussi pour objectif d’éclairer par des connaissances fiables un débat national que l’auteur juge nécessaire. Le constat concerne les résultats toujours plus faibles, comparativement, des élèves de ZEP aux évaluations nationales et qui manifestent un « rapport chaotique aux unités de la langue ». Or, la corrélation entre la maîtrise de l’orthographe et la réussite scolaire est très forte, principalement parce que l’orthographe suppose un rapport métalinguistique à la langue ; l’orthographe suppose de construire la langue comme objet, de la penser comme système et comme norme. Cette construction fait partie des éléments socialement différenciateurs des élèves, puisque cette disposition apparaît davantage exigée que construite par l’école dans l’acquisition des savoirs scolaires, comme l’ont mis en évidence de nombreuses recherches (E. Bautier, B. Lahire, D. Manesse, par exemple). L’acquisition de l’orthographe ne se réduit donc pas à elle-même, elle est aussi formation cognitive et construction du rapport à la règle et aux normes. Son enjeu n’est pas davantage réductible à une conservation des formes de la langue contre laquelle d’ailleurs les auteurs, à la suite de nombreux autres depuis plus d’un siècle, protestent sans effet.

Apprendre la grammaire par

la démarche active de découverte (DADD)

Suzanne-G. Chartrand

en 6 étapes

Mise en situationConnaissance du but de l’apprentissage, savoir à quoi servira l’étude de ce concept. Observation de la question à l’étude en contexte, c'est-à-dire dans des textes.

1- L’observation du phénomène A partir d’un ensemble d’exemples appelé « corpus » (phrases d’élèves, phrases tirées de textes courants ou littéraires, phrases hors texte, courts textes) Observations menées par groupes, liées à la problématique, sur des tâches précises : - Regrouper les énoncés (textes, phrases ou groupes de mots) semblables, - Les classer en précisant les critères de classement, - Les comparer à d’autres, - En recueillir de nouveaux, … Constats, questions, Mise en commun des résultats Choix des questions retenues, qui seront travaillées plus systématiquement.

2- La manipulation des énoncés et la formulation d’hypothèses Manipulations, transformations pour faire émerger les principales caractéristiques ou propriétés, Utilisation d’opérations syntaxiques simples : réduction, expansion, permutation, commutation, Observation des effets, Formulation d’hypothèses descriptives ou explicatives sur le fonctionnement du phénomène, (Ex : le déterminent et l’adjectif s’accordent avec le nom, la forme du pronom relatif dépend de sa fonction …).

3- Vérification des hypothèses Validation des hypothèses sur un autre corpus, Si validation, élaboration de règles.

4- Formulation de la règle Formulation par chaque groupe de la règle, avec ses mots, Mise en commun des formulations proposées, Elaboration collective de la règle, Vérification dans un ouvrage de référence.

5- Phase d’exercices Mise en application des découvertes dans des contextes linguistiques variés. Présentation par l’enseignant d’un ensemble gradué d’exercices grammaticaux qui présentent un défi : cas problèmes simples aux plus complexes, qui demandent des compétences proches de celles qui sont nécessaires en situation d’écriture. Typologie des tâches allant des moins exigeantes cognitivement aux plus complexes : a- Exercices de reconnaissance du phénomène grammatical : souligner, repérer, étiqueter, analyser, illustrer par un schéma, b- Exercices de reconnaissance du phénomène grammatical avec justification écrite des critères de reconnaissance, c- Exercices de construction de phrases en se servant de manipulations pour faire apparaitre le fonctionnement du phénomène à l’étude, d- Exercices de correction de phrases ou de rédaction limitée (textes à trous) avec justification des changements apportés, e- Exercices de production de textes avec des consignes précises faisant intervenir la notion grammaticale à l’étude.

Phase d’exercice nécessaire pour consolider les nouvelles connaissances, développer des automatismes et des procédures de résolution de problèmes.

6- Le réinvestissement contrôlé L’enseignant guide le transfert de ces nouvelles connaissances dans des activités de lecture et surtout d’écriture. Attention particulière portée au phénomène qui a été étudié.

ENSEMBLE DE VIDEOS A VOIR ET CRITIQUER

 

- position critique des élèves face à la grammaire et ses définitions ?

- apprendre traditionnellement

-revenir sur la langue instituée

.../...