Formation interne de formateurs "Aigues Marines"

Publié le 8 Février 2017

OBJECTIFS GENERAUX DE FORMATION INTERNE

Mutualiser nos pratiques, nos expériences
Présenter nos points de vue, nos manières de former nos étudiants… en situation de visite de classe, d’encadrement de mémoire
Réfléchir à la notion de professionnalisation, de développement professionnel, d’apprentissage du métier par le métier, en situation d’exercice du métier pour nos étudiants et pour nous-mêmes dans une démarche réflexive sur nos pratiques de formateurs à l’IUFM

PROGRAMMATION

Pour cette année 2012-2013, nous avons prévu d’aborder 3 thématiques articulées :

L’analyse du travail enseignant, la pratique réflexive pour professionnaliser

L’encadrement du mémoire de recherche : l’avant, le pendant et l’après
La visite de classe : donner conseil ou tenir conseil ?

DOCUMENT PARTAGE : Voir le document d’accompagnement vidéoprojeté : échanges professionnels, exposés, analyse de film de classe.

 

REGARDS SUR L’ACTIVITÉ ENSEIGNANTE : UN MODÈLE THÉORIQUE D’ANALYSE DU MÉTIER

 Modèle théorique et méthodologique de la Didactique professionnelle
 Didactique professionnelle = didactique du métier, analyser le travail afin de former, de développer des compétences professionnelles
 Fondateur Pierre Pastré, ancien professeur de Philosophie, passé par la formation professionnelle des GRETA et le CAFOC, menant des recherches sur les centrales nucléaires et la plasturgie pour en comprendre le travail et résoudre des problèmes en situation critique (par ex. le nucléaire) professeur CNAM Paris
 Lien avec le modèle de l’ergonomie de langue française (« science du travail ») où il s’agit davantage d’adapter le travail à l’humain que d’adapter l’humain au travail, ce qui a débouché
aussi sur la clinique, la souffrance au travail, la psychologie du travail (Clôt, Dejours, Inetop…)
 Principe de départ: regarder et étudier le métier d’enseignant comme les autres métiers, aller
l’observer en situation dans les classes, considérant que l’enseignement comporte cela
étant des spécificités par rapport à d’autres métiers de par la multiplicité des interlocuteurs: on ne
retiendra que la « co-activité « enseignant-élèves » dont la finalité est l’apprentissage


L’ERGONOMIE COMME ANCRAGE THÉORIQUE

L’ergonomie a pour objet de « comprendre le travail pour contribuer à la conception et à la transformation des situations de travail en agissant de façon positive sur les dispositifs techniques et les moyens de travail, sur les environnements de travail, sur l’organisation et les hommes (compétences, représentations…) » (Rabardel/Octarès)
 L’ergonomie vise à améliorer la santé, la sécurité, le confort des personnes au travail ainsi que l’efficacité du travail
 L’ergonomie postule une adaptation du travail aux hommes (et non l’inverse, adapter l’homme au travail comme avec le taylorisme…)
 L'analyse des pratiques professionnelles doit prendre appui sur un système théorique cohérent et ouvert. L'ergonomie semble appropriée pour fournir des grilles de lecture des pratiques professionnelles ou pour permettre d'en construire de plus pertinentes.
 Et ainsi pouvoir analyser le travail afin d'en tirer des enseignements, en vue de son apprentissage, ce qui est le projet de la didactique professionnelle, initiée par Pierre Pastré, issue du monde de
l'ergonomie.

PRINCIPE CANONIQUE DE L'ERGONOMIE

 Le principe canonique de l'ergonomie est de souligner que le travail réel d'un praticien n'est jamais la simple réalisation du travail prescrit.
 Il y a un écart entre « ce qu’il y a à faire et ce que l’on fait » (Leplat), le rapport entre les deux varie selon les praticiens et selon les situations.
 Interroger cet écart est un des enjeux essentiels de toutes pratiques réflexives, de toute analyse de la pratique professionnelle.

UN ÉCART ENTRE LE PRESCRIT ET LE RÉALISÉ

 L’ergonomie étudie les situations réelles de travail.
 Le travail en ergonomie est analysé comme l’activité d’une personne… avec ses effets positifs et négatifs pour la personne et pour l’entreprise.
 L’ergonomie analyse l’écart existant entre le travail prescrit à l’opérateur (par exemple l’enseignant) et le travail réellement réalisé par celui-ci.

 
 L’ergonomie a développé des concepts spécifiques pour comprendre le travail :
 
• l’analyse de la tâche qui porte sur les dimensions matérielles du travail et l’analyse de l’activité qui
concerne ce que fait l’opérateur,
• en insistant particulièrement sur les régulations que l’opérateur effectue pour prendre en compte la
singularité et la variabilité des situations de travail.
 
UNE COMPÉTENCE ADAPTATIVE POUR FAIRE CLASSE
 
 Des écarts observables dans le « faire classe », entre ce que l’on a fait, ce que l’on voulait faire, ce que l’on dit avoir fait…
 Des ajustements à la situation d’enseignement-apprentissage
 Une compétence professionnelle d’adaptation aux situations instables du « faire classe », d’ajustement entre invariances de l’activité, singularités des situations en fonction du sujet
qu’est l’enseignant avec ses représentations, son expérience, son histoire…
 Besoin d’éléments invariants, d’éléments de stabilité pour tenir le gouvernail de la classe
 Avoir à l’esprit une grille de lecture, des catégories, des phases de séquence d’enseignement – apprentissage formant un canevas pour se repérer dans l’agir professionnel, tout comme l’observer et tenter de le comprendre…
 
ANALYSE DU TRAVAIL D’UN ÊTRE SINGULIER
 
 L’ergonomie n’analyse pas le travail d’un « homme moyen », mais d’un être singulier qui possède ses propres représentations, ses compétences, son histoire et trajectoire professionnelle
 On s’attache donc à saisir les êtres humains au travail dans leur diversité (leurs différences inter-individuelles), dans leur variabilité (variations intra-individuelles due à la fatigue, au stress…), dans leur évolution à moyen et long terme (développement des compétences, vieillissement…)
 Concernant les effets négatifs, elle étudie notamment la santé des professionnels (accidents du travail, maladies professionnelles), mais aussi l’ambiance de travail, le risque et la sécurité, la fiabilité dans une perspective de prévention et de gestion des risques.
 L’ergonomie s’intéresse aussi aux effets positifs du travail sur l’homme: notamment au développement des compétences comme effet du travail (un apprendre des situations ). 
 
APPORTS DE L’ANALYSE ERGONOMIQUE DU TRAVAIL
 
 L'analyse du travail fait avancer la question du praticien réflexif sur les points suivants :
 
 la conceptualisation et l'explicitation de l'écart entre travail réel travail prescrit
 la distinction entre la tâche, la représentation de la tache et l'activité
 la réflexion sur les enjeux de l'autonomie au travail
 la notion d'intelligence au travail
 la notion de travail adressé à autrui (Clôt)
 les concepts de genre et de style (Clôt / Baktine)
 la reconnaissance de l'investissement personnel et subjectif dans le travail et son rôle dans le développement de la personne avec les concepts d'activité productive et activité constructive
(Rabardel)
 la reconnaissance de la souffrance et de la peur au travail
 l'idée d'une formation par le travail et d'un apprendre des situations de travail
 le concept de compétences (compétences individuelles et compétences collectives articulées dans le travail)
 le poids de l'organisation générale du travail dans l'activité du professionnel. 
 
 
TRAITS CARACTÉRISTIQUES, POSTURE DE L’ANALYSTES DU TRAVAIL :
 
 Découpage du réel en composantes conceptualisées séparément
 Mise en évidence des relations
 Recherche d'explications pertinentes ou de configurations significatives
 Suspension du jugement normatif
 Effort de formalisation des observations et de leurs interprétations
 
REPÈRES THÉORIQUES DE LA DIDACTIQUE PROFESSIONNELLE
 
 une structure conceptuelle de la situation, qui est un recueil d'organisateurs de l'activité, constitué de concepts pragmatiques, et dans une certaine mesure, de concepts scientifiques, que les opérateurs mobilisent dans l'action pour diagnostiquer la situation de travail et agir avec pertinence,
 un ensemble de stratégies et un modèle opératif du praticien, qui représentent la manière originale de chacun des praticiens de s’ajuster aux situations. Le modèle opératif est la perception et le traitement du praticien de la structure conceptuelle de la situation d’exercice de sa
fonction.
 
ESSAI DE FORMALISATION DES GESTES PROFESSIONNELS ENSEIGNANTS
 
• Macro gestes
• Micro gestes
• Genre partagé : les échanges en salle des maîtres formels et informels
 
• Hypothèse de gestes professionnels de niveaux différents
• selon le grain d’analyse convoqué, l’objet de la recherche, la finalité de professionnalisation ou
formation envisagée, la grille d’observation que l’on souhaite utiliser dans ses analyses de pratique/du travail enseignant.

CATÉGORIES DE SENSEVY

Catégories larges qui dépassent l’espace temps d’une leçon

 La mésogenèse: la constitution d’un milieu pour apprendre

 La chronogenèse : la progression de l’apprentissage dans le temps

 La topogénèse: la part accordée à chacun des protagonistes dans le procès d’apprentissage, partage des responsabilités de la transaction didactique entre les élèves et le professeur, espace de co - construction de la conceptualisation
 
En outre, la mésogénèse comprend 4 catégories d’analyse :
 
1. Définition du jeu : L’enseignant précise le but de la tâche scolaire
 
2. Dévolution : Les élèves s’approprient le problème posé par l’enseignant.
 
3. Régulation : Elle consiste en l’étayage, l’aide qu’apporte l’enseignant dans la réalisation de
la tâche scolaire des élèves.
 
4. Institutionnalisation : C’est l’explicitation et la généralisation de la règle. 
 
 
 
CATÉGORIES DE BUCHETON
 
1- le tissage qui est une articulation entre les différentes unités de la leçon.
 
2-l’étayage qui se définit comme ce que l'enseignant effectue parce que l'écolier ne peut pas agir seul.
 
3- l’atmosphère qui relève du climat cognitif et relationnel autorisant ou non la parole aux apprenants.
 
4- le spatio-temporel 
 
De nombreuses sous-catégories très imagées et bien ancrées dans les pratiques de classe affinent ces analyses...
 
 
CATEGORIES DE CLAUZARD
 
- Découpage en actes = une intrigue
- Des enchaînements
- Des invariants et des ajustements = repérages de micro-décisions
 
Illustration avec le film vidéo de classe en maternelle
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