05 Repères sur les processus de métacognition

La métacognition est la représentation que l’élève a des connaissances qu’il possède et de la façon dont il peut les construire et les utiliser.

La métacognition se rapporte à la connaissance qu´on a de ses propres processus cognitifs, de leurs produits et de tout ce qui touche, par exemple, les propriétés pertinentes pour l´apprentissage d´informations et de données... La métacognition se rapporte entre autres choses, à l´évaluation active, à la régulation et l´organisation de ces processus en fonction des objets cognitifs ou des données sur lesquelles ils portent, habituellement pour servir un but ou un objectif concret.

Flavell (1976)

Un des meilleurs prédicateurs de la réussite scolaire est justement la capacité de l’élève à réfléchir sur ses connaissances et à comprendre les raisonnements qu’il engage pour utiliser et construire de nouvelles connaissances. Il faut donc rendre les élèves conscients des stratégies d’apprentissages qu’ils mettent en œuvre pour apprendre et comprendre le monde. La métacognition est indissociable de connaissance de soi et de confiance en soi. Ce sont des concepts-clés sur lesquels l’enseignant se base pour élaborer la relation entre l’élève et le savoir. “ C’est par la médiation cognitive que l’enseignant donne à l’élève les moyens d’apprendre et donc les clés pour sa réussite scolaire ” (Barth, 1993). Il va permettre à l’élève d’apprendre à utiliser au mieux ses mémoires c’est-à-dire l’amener à construire des compétences métamnésiques.

 

1 La métamémoire
“ Savoir ce que je sais de ce que je ne sais pas ”. C’est la métamémoire d’après les chercheurs. Ce premier aspect, savoir quand on sait ou quand on ne sait pas, représente une forme de conscience de soi. Etre un bon élève, c‘est apprendre à être conscient de sa propre intelligence - au sens de connaissances - et du degré que peut atteindre alors sa propre compréhension. Un “ bon ” élève peut parfaitement dire qu’il ne sait pas, simplement parce qu’il exerce un contrôle permanent sur ses propres connaissances. L’élève “ médiocre ” ne sait pas ou à peur de savoir, la plupart du temps, s’il sait ou s’il ne sait pas.
Le professeur va également apprendre à l’élève à construire l’outil mental : savoir raisonner.

 

2 La métarésolution de problèmes ou métacompréhension
Comprendre que pour résoudre le problème plusieurs chemins sont possibles. Tout, en classe, est situation de résolution de problème pour l’élève. Pour le tout petit, le problème est de mettre son manteau, pour le plus grand c’est de comprendre les quatre opérations mathématiques, pour le plus grand encore c’est de traiter un problème de physique, etc. Quel que soit le niveau de complexité de la tâche à effectuer, il faut que chaque élève comprenne que celui qui trouve très vite la solution c’est celui qui utilise un enchaînement d’opérations mentales efficaces. Il est facile de constater que l’idée du bon élève cristallise chez ceux qui réussissent moins bien, la certitude que c’est parce que c’est l’autre qu’il trouve. Par contre comprendre que l’autre a mis en place des habiletés cognitives ignorées de lui jusqu’alors, voilà une attitude qu’il doit apprendre à construire et qui sera pour lui d’une efficacité réelle. Il pourra alors accepter l’idée que savoir raisonner, ce n’est pas inné, cela s’apprend : apprendre à comprendre les mots clefs du texte ou le contenu des questions du problème, identifier les prérequis ou les connaissances préalables qu’il doit maîtriser pour comprendre, trouver le but à atteindre, isoler les variables à manipuler, comprendre qu’il y a plusieurs chemins qui peuvent conduire à la solution, accepter que se tromper de chemin ou en d’autres termes ne pas trouver la bonne réponse, c’est normal puisque la connaissance n’est pas encore maîtrisée. En bref, identifier les informations pertinentes, mettre en lien ces informations en formulant une hypothèse, chercher de nouvelles informations pour valider ou invalider l’hypothèse, et recommencer tant que la bonne solution n’est pas trouvée, c’est ce parcours qui s’appelle raisonner. Tout simplement, cette habileté mentale est une compétence socle pour comprendre et apprendre. Mais quand est-elle enseignée dans nos établissements scolaires secondaires ?
Enfin, le professeur va permettre à l’élève de garder une réelle estime de lui, sinon, les difficultés pour apprendre vont d’installer...

 

3 Métacognition et confiance en soi
L’effet délétère du manque de confiance en soi sur les performances scolaires de l’Elève est avéré. Le manque de confiance en soi génère chez l’Elève un sentiment de peur de faire - même s’il s’en défend et prend une attitude d’indifférence - qui mobilise ses ressources mentales. Il n’a plus alors assez de ressources pour utiliser les mémoires qu’il a préalablement construites, qu’il s’agisse de savoirs scolaires proprement dits ou de savoir faire comme savoir raisonner. La situation est alors un cercle vicieux : il n’a pas confiance en lui, il ne peut mobiliser ses connaissances tant cognitives que métacognitives ; mais comme il ne peut utiliser les savoirs préalables, il ne peut réajuster des compétences métacognitives nécessaires pour comprendre et donc apprendre. C’est là l’histoire banale d’un élève en difficulté d’apprentissage. Qu’est-ce qui est fait au sein de sa situation scolaire pour lui permettre de sortir de ce terrible engrenage avant qu’il ne soit trop tard pour lui ? Comment développer chez les élèves une attitude positive sur eux-mêmes ?

La métacognition est un domaine qui regroupe : les connaissances introspectives et conscientes qu'un individu particulier a de ses propres états et processus cognitifs ; les capacités que cet individu a de délibérément contrôler et planifier ses propres processus cognitifs en vue de la réalisation d´un but ou d´un objectif déterminé.

Gombert (1990)

Quand on veut s’améliorer dans un domaine précis grâce à la métacognition, la meilleure manière de procéder consiste à travailler le monitoring métacognitif. On peut faire cela en utilisant l’auto-questionnement systématique et en testant régulièrement notre compréhension. Expliciter ce que l’on est en train de faire permet également de progresser. Il s’agit donc d’essayer de prendre conscience de ce que l’on fait pour ajuster au mieux nos comportements et nos stratégies. Cela est beaucoup plus efficace que d’appliquer « bêtement » des stratégies « clé en main » , qui ne marchent d’ailleurs jamais pour tout le monde, dans toutes les situations.

Notez que ce travail n’a d’intérêt que pour des tâches non automatisées et présentant un niveau de difficulté certain, mais pas trop important. En effet, l’attention portée à la métacognition ne doit pas entraver la réalisation de la tâche. Lorsque les choses sont trop compliquées et qu’on essaye en plus d’analyser ce que l’on est en train de faire en même temps, c’est plutôt contreproductif. Pensez donc à bien doser la difficulté quand vous essayez en même temps de travailler votre métacognition dans un domaine particulier. Vous pouvez vous appuyer sur la pratique délibérée pour ce faire.

La métacognition est un processus mental dont l´objet est soit une activité cognitive, soit un ensemble d´activités cognitives que le sujet vient d´effectuer ou est en train d´effectuer, soit un produit mental de ces activités cognitives. La métacognition peut aboutir à un jugement (habituellement non exprimé) sur la qualité des activités mentales en question ou de leur produit et éventuellement à une décision de modifier l´activité cognitive, son produit ou même la situation qui l´a suscitée.

Noël (1997)

Sur la base de ces trois définitions généralistes, on distingue déjà trois composantes principales de la métacognition, c’est-à-dire les connaissances métacognitives, les évaluations ou jugements métacognitifs, et enfin la régulation des activités cognitives par le biais de la mise en place de diverses stratégies. La métacognition est alors vue comme un apprentissage auto-régulé divisé en trois éléments :

Connaissances Métacognitives : Elles regroupent les connaissances déclaratives, procédurales et conditionnelles sur la cognition, les stratégies cognitives et les variables liées aux tâches qui influencent la cognition. (...)

Jugements et Monitoring Métacognitif : Ici il s'agit de la conscience métacognitive et des activités métacognitives "online" : 

Jugements de difficulté ou de facilité d’apprentissage
Jugement de l’apprentissage effectué
Sentiment de connaître
Jugements de confiance en ses productions/réponses
Auto-régulation et contrôle : C’est plus un processus et une activité "online" qui consiste à adapter le comportement suite à l’évaluation en cours de la situation (2e élémént). Contient la planification, la sélection de stratégies, l’allocation des ressources et le contrôle de la volition.