Rétro réforme : La formation des enseignants, retour vers le passé...

Publié le 13 Mars 2021

Comment les enseignants sont-ils formés aujourd'hui ?

Dans des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé), rattachés à une université, derniers avatars de feux les instituts de formation des maîtres (IUFM), disparus en 2013, eux-mêmes successeurs des écoles normales. Les étudiants, admis après l’obtention d’une licence (bac +3) y préparent, en deux ans, un master « métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation ». En première année, ils passent les concours de l’enseignement : concours de recrutement de professeur des écoles (CRPE) ou certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes).

Que propose la réforme ?

Celle-ci est double. D’une part, elle crée une nouvelle voie d’accès au professorat des écoles (maternelle, élémentaire). D’autre part, elle réforme la scolarisation dans les Inspé.

Sur le premier point, dès la rentrée prochaine, les élèves de terminale, qui en auront fait le choix sur la plateforme Parcoursup (limite de dépôt des vœux le 11 mars) pourront intégrer un parcours préparatoire dès la première année de licence : une alternance d’enseignements de culture générale suivis au lycée (sur le modèle des classes préparatoires), de cours à l’université adossés à la recherche, et de stages pratiques d’observation. Après la licence, les étudiants pourront poursuivre classiquement par un master et passer le concours.

Sur le second point, la réforme des Inspé déplace les concours de la fin de la première à la seconde de master.

Quels avantages ?

Selon le ministère de l’Éducation nationale, la création du parcours préparatoire au professorat des écoles offre une « professionnalisation progressive » aux futurs enseignants, rendant le métier plus attractif. Dans le même esprit, la réforme des Inspé vise à limiter ce que le Sgen-CFDT avait appelé « le bachotage intensif la première année du master ».

Rétro réforme :  La formation des enseignants, retour vers le passé...

Quels inconvénients ?

Pour le site Café pédagogique, très suivi par les enseignants, le parcours préparatoire au lycée, en éloignant les étudiants des bancs de l’université signe «  le retour aux blouses grises » et souligne le « projet totalement rétro » de Jean-Michel Blanquer. Mais c’est la réforme de la scolarisation dans les Inspé qui provoque le plus de remous. Le déplacement des concours en deuxième année de master a une triple conséquence : les apprentis enseignants devront effectuer des stages, donc être en situation d’enseignement, sans avoir le concours ; n’ayant pas celui-ci, ils perdront une année de salaire (1 400 € nets), remplacée par une indemnité de stage de 865 € bruts ; et ils devront cumuler la même année, formation, stage et rédaction d’un mémoire. Lourd.

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