09 - Repères sur les ressources éducatives libres, sur les ressources numériques Moodle...

Les ressources éducatives libres, un enjeu d’avenir
Le principe des ressources éducatives libres permet d'accélérer la diffusion des ressources pédagogiques. Ivan Samkov /Pexels, CC BY
Julien Jacqmin, Neoma Business School

Dans une économie fondée sur les connaissances, la création de nouveaux savoirs et leur diffusion vers le plus grand nombre jouent un rôle central. C’est l’objectif poursuivi par le mouvement Open Education qui œuvre au développement de ressources éducatives libres. Selon l’Unesco, ces ressources incluent les « matériaux d’enseignement, d’apprentissage ou de recherche appartenant au domaine public ou publiés avec une licence de propriété intellectuelle permettant leur utilisation, adaptation et distribution à titre gratuit ».

Usuellement, un enseignant créant un cours ou un manuel scolaire voit son œuvre originale protégée par le droit d’auteur qui en définit l’usage et la réutilisation. Grâce à cette protection de la propriété intellectuelle, la ressource pédagogique est rendue exclusive, c’est-à-dire qu’il est possible d’empêcher quelqu’un de l’utiliser, et que l’auteur dispose d’un monopole sur son droit d’exploitation.

Son accès en est de facto souvent payant. Qui plus est, sa reproduction, sa modification et sa diffusion par d’autres sont limitées, sauf autorisation explicite avec chaque utilisateur. Les ressources éducatives libres, elles, rendent la ressource pédagogique non exclusive et libre d’accès. Sa diffusion est également facilitée et les œuvres dérivées, modifiant le cours ou le manuel scolaire original, sont permises grâce aux licences de libre diffusion existantes.

Une palette de conditions

S’appuyant entre autres sur les universités ouvertes développées il y a une cinquantaine d’années dans les pays anglo-saxons où il n’y a pas de condition académique d’admission à l’enseignement proposé, le mouvement Open Education a vu ses pratiques bouleversées par l’émergence d’internet et des technologies de l’information et de la communication. Celles-ci réduisent à néant les coûts de reproduction et de diffusion. Par rapport à un manuel scolaire en format papier, un manuel en ligne peut être facilement recopié et diffusé au plus grand nombre en quelques clics, devenant ainsi un bien public global.

Pour les pouvoirs publics, comme la Commission Européenne ou les organisations internationales comme l’Unesco ou l’OCDE, les ressources éducatives libres ont un double intérêt :

  • premièrement, la gratuité et l’accessibilité offrent un accès quasi universel à de multiples connaissances qui peuvent être bénéfiques au développement socio-économique individuel et global. Un ordinateur avec une connexion Internet est suffisant pour accéder à un manuel scolaire appartenant au domaine public ou sous licence de diffusion libre.

  • deuxièmement, l’absence de contrainte concernant la modification pour l’adapter au contexte de l’apprentissage permet une plus grande personnalisation de l’expérience qui peut en améliorer la qualité. On pense, par exemple, à la traduction dans une langue comprise par l’apprenant d’un ouvrage originellement écrit dans une autre langue.

Plus récemment, les MOOC (« massive open online courses ») ont redonné un coup de projecteur aux ressources éducatives libres, même si l’ensemble de ces cours en ligne n’en sont pas. De multiples plates-formes comme EdX, Coursera ou FutureLearn proposent des formations en ligne sans prérequis nécessaires pour l’apprenant mais avec des contenus de moins en moins accessibles gratuitement.

D’autres plates-formes, elles, s’inscrivent plus dans une dynamique d’ouverture des savoirs. C’est par exemple le cas de la plateforme FUN (France université numérique) qui laisse la possibilité aux enseignants créant les cours mis en ligne sur sa plate-forme de choisir comment ils veulent protéger leurs contenus pédagogiques, tout en promouvant l’utilisation de licences Creative Commons. Ces licences ont comme caractéristique principale qu’elles offrent un menu de plusieurs conditions permettant à l’auteur de gérer les modalités de circulation de son œuvre et de faire un choix parmi sept licences, allant de la plus restrictive à la plus ouverte en termes de réutilisation des contenus.

Soutiens publics

Cette liberté donne un cadre intéressant pour analyser la diffusion des ressources éducatives libres. Dans un récent article scientifique, intitulé « Why are some massive open online courses more open than others », nous utilisons cette information ainsi que diverses données concernant les cours mis en ligne sur FUN pour étudier les facteurs expliquant le choix d’une licence Creative Commons relativement plus ouverte par certains enseignants.

Nous observons que deux facteurs jouent un rôle prépondérant. Tout d’abord, les enseignants en science, technologie, ingénierie et mathématiques ou dans le secteur de la santé ont des pratiques plus ouvertes qu’en sciences humaines et sociales, en commerce ou droit. Nous expliquons cela par une sensibilité plus importante aux principes d’ouverture des savoirs, déjà plus courante dans leurs activités de recherche, et à une norme sociale plus forte les poussant à choisir une licence plus ouverte.

Ensuite, la plate-forme FUN offre la possibilité aux enseignants de faire payer les étudiants pour obtenir un certificat de réussite aux examens en lien au cours diffusé en ligne. Les enseignants choisissant cette option ont tendance à choisir une licence moins ouverte. Ce résultat peut s’expliquer par la volonté d’obtenir des recettes financières liées à cet investissement pédagogique mais indirectement seulement vu que l’accès au cours, lui, reste entièrement gratuit pour l’ensemble des cours proposés sur la plate-forme.

Cette recherche démontre que la démocratisation de l’enseignement supérieur ne peut pas se faire tout naturellement via les ressources éducatives libres. Pour favoriser leur développement et leur diffusion, diverses interventions publiques seront utiles.

Tout d’abord, des campagnes de sensibilisation aux ressources éducatives libres auprès des enseignants, surtout ceux de disciplines peu ouvertes, mais aussi auprès des étudiants doivent être mises en place. Ensuite, il semble important d’adapter le mode de financement de l’enseignement afin d’encourager financièrement les enseignants à adopter ce genre de pratiques.


Cet article fait partie de la série « Les belles histoires de la science en libre accès », publiée avec le soutien du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Pour en savoir plus, veuillez consulter la page Ouvrirlascience.fr.The Conversation

Julien Jacqmin, Associate professor in economics, Neoma Business School

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

EXEMPLES D'ACTIVITES SUR MOODLE

- Activité Étiquette : Fournir aux élèves des questions, consignes et aides, images... écrites directement sur la page du cours. Ces informations sont visibles directement dans la page de cours Fournir une page en ligne pouvant contenir texte, images, tableaux, liens, son, vidéo

- Activité Page web : L'élève clique sur un lien pour accéder à cette page. Fournir un lien vers un site web

- Activité Lien vers un site web : L'élève clique sur un lien pour accéder à ce site. Fournir un lien explicite vers un fichier Lien vers un fichier L'élève clique sur un lien explicite pour accéder au fichier, par exemple « leçon 1 ». Un lien vers un fichier audio MP3 ou vidéo FLV affiche automatiquement un lecteur.

- Activité Contenu d'un dossier : Donner accès au contenu d'un dossier, par exemple une série de fichiers à lire, écouter visionner... L'élève clique sur un lien et accède à une liste de fichiers, attention le nom de certains fichiers n'est pas forcément très explicite.

- Devoir Texte en ligne : Espace de rédaction individuelle notée et annotée en ligne par l'enseignant. Une interface ergonomique permet de noter, annoter et passer d'un élève à l'autre en peu de clics. L'élève clique sur un lien pour rédiger en ligne directement dans Moodle (possibilité de copier-coller depuis un traitement de texte).

- Devoir Dépôt de fichiers : Espace de dépôt individuel de fichiers (tout type: écrit, sonore...). Même interface ergonomique que le Devoir Texte en ligne. L'enseignant peut aussi envoyer une correction individuelle en peu de clics. L'élève clique sur un lien pour déposer sur Moodle un fichier présent sur son disque dur ou sa clé USB.

Activité Hot Potatoes ou Test : Exercices interactifs formatifs ou sommatifs dont le score est automatiquement calculé et retenu par Moodle. L'élève clique sur un lien pour accéder à des exercices en ligne: textes lacunaires, association par glisser déposer, quiz, QCM, mots croisés

- Atelier : Espace d'évaluation de travaux par les pairs, pour une meilleure prise de conscience des erreurs à ne pas commettre et un entrainement à l'autoévaluation. L'élève clique sur un lien pour rentrer dans cet espace, il peut déposer des documents et évaluer ceux des autres élèves.

- Exercices sur base de données : Travail coopératif: Fiches rédigées par chaque élève pouvant contenir tout type de document et permettant une mise en commun des travaux effectués par chacun. Commentaires possibles. Ex: travail de recherche sur les différents aspects d'un pays, d'une œuvre, d'un fait scientifique, reportage sonore ou vidéo... L'élève clique sur un lien pour accéder à la base de données. Il clique sur « Créer une nouvelle fiche » et remplit un formulaire en ligne. Il peut joindre des fichiers. Il peut aussi faire une recherche sur l'ensemble des fiches déposées.

- Activité de Chat : Dialogue écrit en direct. Exemple: à la suite d'une leçon, chaque élève peut tester en direct les connaissances des autres. Tout est enregistré. L'élève clique sur un lien vers le chat et tape son texte, il voit les réponses des autres en direct.

- Activité de forum : Échanges entre élèves. Exemples: A distance: échange entre 2 pays, comptes-rendus de stage réguliers En classe: débat organisé en 1 heure: ½ h.: dépôt des avis, ½ h: écriture des commentaires / réactions. Bonne préparation avant un débat oral. Le professeur peut noter et annoter chaque contribution en ligne. L'élève clique sur un lien pour accéder au forum, puis sur un bouton « Commencer une discussion ». Il rédige et publie sa contribution. Pour chacune, un lien « répondre » permet à chaque élève de rédiger une réponse, etc. Chaque contribution peut aussi être envoyée automatiquement par courriel.

- Activité autour du glossaire : Glossaire/dictionnaire/ encyclopédie collaborative. Chaque élève peut ajouter son article dans ce dictionnaire.

- Activité avec Wiki : Écriture collaborative Exemple: exposé commun sur au moins une page. Chacun peut créer et modifier les pages très facilement.

- La leçon : Parcours pédagogique organisé (assez classique ou avec insertion de pastilles vidéo de soi ou d'autres enseignants) L'élève clique sur un lien pour accéder à une première page. Des questions permettent d'orienter les élèves vers d'autres pages en fonction de leurs réponses.

D'après CDDP16

Mettre en place un atelier/une évaluation par les pairs pour l'UE Processus d'apprentissage (à réfléchir avec M.V.)

L'activité Atelier dans Moodle permet de proposer une d'évaluation par les pairs. Il s’agit là d’une activité (et non pas forcément une évaluation) qui permet de rendre les étudiants plus actifs et de les motiver, puis de développer chez eux le sens critique et de favoriser leur autonomie.

Par ailleurs, ce type d’activité permet de faire travailler les étudiants sans investissement de temps de l’enseignant et convient donc pour les grands effectifs et les MOOC (plus sur les objectifs ici ).

Voici comment se déroule une évaluation par les pairs :

  • Les étudiants soumettent un travail réalisé individuellement (texte, ensemble de documents, vidéo…).
  • Les participants évaluent des travaux réalisées par leurs pairs selon une grille d’évaluation établie par l’enseignant (et facultativement, un travail exemplaire, également fourni par l’enseignant).
  • Les étudiants reçoivent une note pour leur travail (calculée sur base des évaluations faites par leurs pairs et (éventuellement) une note les évaluations qu'ils ont réalisées.

Un atelier possède cinq phases :

1.    mise en place,
2.    remise,
3.    évaluation,
4.    notation de l'évaluation
5.    fermé

L'enseignant peut programmer l’atelier ou alors passer manuellement d'une phase à une autre (cliquant sur l'icône ampoule) et en cochant les tâches.

Ressources libres 

 

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