Focus sur les diverses méthodes pédagogiques en formation

Publié le 1 Février 2021

La littérature pédagogique en formation des adultes expose généralement 5 méthodes pédagogiques :

  • La méthode expositive (dite également transmissive ou magistrale) ;
  • La méthode démonstrative (dite de laboratoire, comme en cours de biologie ou chimie) ;
  • La méthode interrogative ou maïeutique (dite cours dialogué) ;
  • La méthode active ou dite « de découverte » (dite de travail de groupe) ;
  • La méthode expérientielle (à partir de débriefings d'activités vécues, d'analyses de pratiques, retours d'expériences...).

Toutes les méthodes reposent sur quelques postulats de départ, elles requièrent des moyens particuliers pour leur mise en œuvre et convoquent chacune un mode de fonctionnement spécifique. Elles correspondent aussi à des situations d'apprentissage et de formation qui font que les unes sont plus appropriées que d'autres, en fonction de l'objectif de formation.

 

LA MÉTHODE EXPOSITIVE

La méthode expositive considère que la connaissance est un savoir à transmettre par l'exposé et le discours du formateur, lequel ne prend jamais en considération les connaissances préalables des apprenants ou stagiaires, ni leurs motivations ou projets personnels. Le formateur/enseignant détient tout le savoir tandis que l'apprenant est totalement ignorant et doit tout apprendre. Le formateur est le seul à transmettre ses connaissances sous la forme d’un exposé. C’est le cas classique d’un cours magistral à l’université où l’apprenant prend des notes qu'il doit assimiler ensuite. Les modalités de contrôles ne constituent pas une évaluation formative. Il s'agit souvent de répondre à des QCM (questionnaire à choix multiple). On peut dire que l’évaluation n’a que deux finalités : la récompense ou la mauvaise note. punition. Le formateur s’appuie  généralement sur une présentation orale ou un support écrit (style diaporama) afin d’expliquer ou démontrer des concepts. L’apprenant se contente d’enregistrer et imprimer le discours du formateur, d'apprendre par cœur grâce à une prise de note s judicieuses réalisée durant la session de formation. 

LA MÉTHODE DEMONSTRATIVE

La méthode démonstrative repose en partie sur les mêmes postulats que la méthode expositive. L’enseignant/formateur présente une opération ou une procédure : il montre chacune des étapes de réalisation aux apprenants en précisant bien quoi faire et comment le faire. Le formateur explique aussi le pourquoi, et le fait répéter aux apprenants. Les formés apprennent ainsi en reproduisant les mêmes gestes que le formateur. On est dans une pédagogie de la reproduction ou imitation, à partir d'une démonstration, comme dans les cours de chimie de lycée par exemple. Il peut s'agir de gestes pour faire fonctionner une machine d'usine ou de travaux dirigés pour fludifier la communication dans des bureaux open space. La méthode démonstrative comporte 3 étapes : montrer dans le but de démontrer quelque chose, faire faire pour expérimenter quelque chose et faire dire pour reformuler. La reformulation est une clef pour assurer l'apprentissage réel, et ne pas laisser dans la seule observation l'apprenant qui doit reproduire et réfléchir. 

LA MÉTHODE INTERROGATIVE

La méthode interrogative, également appelée le cours dialogué, repose sur l'idée que la connaissance d’un procédé ou d’un concept ne peut être apprise si elle n’a pas été comprise en amont par l’apprenant, il s'agit d'un mouvement de "comprentissage" (un néologisme pour souligner que comprendre et apprendre appartiennent à une même dynamique). Le formateur pose des questions à l’apprenant, qui est censé acquérir de nouvelles connaissances en répondant aux questions posées. Le questionnement est le principal moyen utilisé par le formateur. Ce moyen varie en fonction des réponses apportées par les apprenants, ce qui produit une régulation des échanges grâce à un feed-back permanent entre apprenants et formateur. Logiquement, le questionnement doit être assez approprié et conduire l’apprenant à construire lui-même ses propres connaissances en établissant des liens entre différentes connaissances déjà présentes, en attribuant une signification, en formulant quelques pensées. 

LA MÉTHODE ACTIVE OU DITE DE DE DÉCOUVERTE

La méthode active va à l’encontre de certains des postulats des autres méthodes pédagogiques car elle modifie considérablement les rôles des formateurs et apprenants. Cette méthode argumente que les connaissances se construisent, à partir d'une action. C’est à partir de l’action qu’un apprenant va engager une réflexion sur un sujet donné. La littérature pédagogique évoque avec ce cadre la « motivation intrinsèque pour l’apprentissage » (l’apprenant est motivé au regard de la satisfaction obtenue); l'effort d’apprentissage collaboratif ou coopératif; le processus d’action-expérience (valider ou invalider par soi-même des hypothèses, ou en les débattant avec d’autres apprenants). Différentes procédures permettent l’acquisition de connaissances : les études de cas, des simulations, les jeux de rôles ou encore des projets de groupe. Le formateur ne détient pas tout le savoir, il n'est qu’un guide ou un médiateur. Ses interventions sont ainsi limitées, mais son rôle va être de créer un scénario pédagogique amenant l’apprenant à acquérir des connaissances en se trompant et même en tâtonnant. Cette méthode favorise bien le travail collaboratif.

LA MÉTHODE EXPÉRIENTIELLE OU EXPÉRIMENTALE

Cette dernière méthode pédagogique repose sur le principe d’un apprentissage situés dans des conditions bien réelles : un stagiaire ne peut acquérir des connaissances que s’il agit et se trompe. Le formateur est un simple intervenant qui  n’est plus en position dominante, même s’il possède le savoir et savoir-faire. La méthode expérientielle ou expérimentale demande la réalisation préalable d'expériences ou projets, ou de s'appuyer sur des expériences, des vécus des préalables des stagiaires qui deviennent objets d'étude. La méthode expérientielle ou expérimentale est adaptée aux apprentissages exigeant la mise en œuvre d’un projet en situation réelle ou la réalisation d’une expérience. Elle correspond aux analyses du travail, aux sessions d'échanges de pratiques professionnelles.

Focus sur les diverses méthodes pédagogiques en formation

Dans le champ de la formation des adultes, on évoque aussi trois grands modèles répondant à la question qu'est-ce qu'apprendre, qui correspondent aux propos précédents, les complètent. Ces modèles relèvent bien sûr des grandes théories de l'apprentissage. Ils sont des traductions destinées au champ de la formation des adultes.

1/ Le modèle de l'empreinte : apprendre, c'est prendre des informations. La connaissance se transmet selon un schéma de communication de type émetteur - récepteur. Apprendre, c'est combler des manques et le rôle du formateur est de transmettre son propre savoir. L'erreur doit être évitée. Les postulats pédagogiques sont la motivation par le contenu, l'assimilation par la clarté du discours, la mémorisation par la simplification, l'apprentissage par l'imitation. Cette option est défendue au nom de trois arguments : gain de sûreté, gain de temps, facilitation des acquisitions. Son origine se situe dans la maïeutique de Socrate.

2/ Le modèle du conditionnement : apprendre, c'est exécuter et répéter. La connaissance s'inculque. Apprendre, c'est exécuter et répéter des opérations, des gestes, des comportements.  La théorie qui fonde cette option est le comportementalisme (ou béhaviorisme) fondé sur le conditionnement. Pavlov et Skinner en sont les initiateurs. Certains parlent non d'apprentissage, mais plutôt de dressage en mettant en évidence que "les résultats sont obtenus aux dépens du sujet". Cette théorie a donné la pédagogie de la réussite, la pédagogie par objectifs, les référentiels de formation. Ce modèle se focalise sur le savoir. Le côté positif de cette approche est la centration sur une tâche que l'apprenant doit réussir, c'est concret et immédiatement observable. C'est aussi les automatismes qu'elle développe (qui rendent disponibles à la réflexion). Les points négatifs sont qu'il est possible de réussir sans avoir compris, de réussir des opérations simples mais être incapable d'effectuer un plan d'action complexe les intégrant. De plus, les apprenants effectuent docilement des tâches conçues par d'autres, ce qui n'apprend pas la conception ni l'autonomie.

3/ Le modèle de la construction : apprendre, c'est chercher et résoudre (seul ou à plusieurs). Contrairement au modèle précédent, tout se centre sur l'apprenant, sur sa boite noire. On s'appuie ici sur les travaux de Bachelard, Piaget, Vygotski et Bruner. Ce modèle explique l'acte d'apprendre comme une réorganisation du savoir antérieur. Il postule que le savoir se construit par celui qui apprend; à travers une mise en relation des données des expériences extérieures et certains éléments nouveaux. Notons que cette construction est rendue possible grâce à la rencontre avec des obstacles qui font naître une prise de conscience de besoins nouveaux et grâce à l'analyse de ces obstacles et des hypothèses de réponses nouvelles. La démarche est scientifique au sens où il s'agit de résoudre une situation problématique avec des obstacles qui exigent un travail hypothético-déductif et la mobilisation de nouvelles ressources qui sont visées comme objet d'apprentissage. 

La connaissance se construit en transformant des représentations. L'expérience au quotidien génère des représentations qui sont des formes d'explications personnelles du monde. Ces explications ne sont pas pour autant des explications scientifiques des phénomènes du monde. Leurs absences peuvent paralyser l'action des personnes ou rendre incompréhensible certaines situations. Il y a un besoin de transformer des représentations initiales dites pré-scientifiques en des représentations scientifiques reconnues et validés par la communauté scientifique.  Apprendre devient alors, nous dit Bachelard, une "rupture épistémique". C'est rompre avec ses représentations initiales, ses façons de voir et de comprendre le monde, des manières de faire inefficaces. Apprendre, c'est donc construire des concepts plus pertinents, des savoir-faire plus efficients. Ainsi nous dit Piaget, dans tout apprentissage, il y a un moment de déséquilibre , une phase de déstabilisation, de doute, de conflit intérieur : Piaget le qualifie de conflit cognitif généré par la confrontation à un problème, l'apparition d'une situation nouvelle, la remise en question/en cause, la rencontre entre l'ancien et le nouveau savoir. Il apparaît ensuite une phase de reconstruction grâce à l'acquisition des nouveaux savoirs et savoirs faire. Cela passe par la procédure d'assimilation ou d'accommodation. 

Assimiler c'est ramener l'inconnu à du connu, repérer dans la situation nouvelle des situations déjà rencontrées et appliquer des façons de faire éprouvées. Il s'agit d'assimiler le nouveau savoir aux structures existantes, c'est les enrichir. En revanche, l'accommodation exige une restructuration de ce que l'on sait déjà. C'est-à-dire transformer ses façons de faire, de penser pour traiter la situation nouvelle quand celles qui sont maîtrisées s'avèrent non pertinentes. (D'après Savary/Martin).

OUTILS ET SUPPORTS PEDAGOGIQUES

Le plus souvent, un outil pédagogique est associé à un objet ou un matériel physique. Il existe de nombreux critères à prendre en compte afin de choisir son outil pédagogique :

  • Les objectifs de l’outil : cela va-t-il permettre de susciter un échange entre les apprenants ? Consolider des connaissances déjà acquises ? Développer de nouvelles compétences ? Sensibiliser un public sur une thématique précise ?
  • Les demandes de votre public : quelles sont ses spécificités (jeune actifs, demandeurs d’emploi, personnes en reconversion professionnelle), ses attentes, son niveau d’expertise etc.
  • Les éléments de contenus devant être illustrés pendant la session de formation
  • Le moment d’utilisation d’un outil pédagogique
  • Les modalités d’utilisation (en présentiel, à distance) et la possible réutilisation pour une prochaine session de formation
  • Les contraintes budgétaires ou matérielles

Il est possible d’utiliser plusieurs supports pédagogiques au cours de la même session de formation en fonction des besoins des formateurs et des apprenants.

  • Les supports de présentation classiques de type PowerPoint ou Prezi vont vous permettre de structurer un contenu de formation et de hiérarchiser les informations. L’utilisation de ce type d’outil d’outils sera « linéaire », c’est-à-dire que la navigation s’effectuera toujours dans le même sens et les apprenants devront cliquer sur suivant pour passer d’une diapositive à une autre.
  • Les vidéos : afin de projeter un élément précis d’une session de formation et de permettre aux apprenants de le découvrir en son et en images. Ces vidéos peuvent être pédagogiques et servir à expliquer des concepts complexes. En un temps assez court, les apprenants disposent d’une vision globale d’un sujet donné.
  • Des supports réels tels que les marquettes, objets ou matériels
  • Des outils e-learning vous permettant de créer des modules de formation. On retrouve dans cette catégorie des applications directement accessibles sur le web grâce à un navigateur web, des applications de bureau installées en local sur un ordinateur, ou des modules non linéaires qui, contrairement aux présentations basiques, vont permettre de créer un véritable scénario pour l’apprenant.
  • Les jeux de formation : ces nouveaux dispositifs de formation permettent d’accroître la motivation et l’engagement des apprenants en suscitant des émotions positives. Plusieurs catégories d’outils pédagogiques peuvent être utilisées dans les jeux de formation, parmi lesquelles les jeux de rôles, les mises en situation etc.

Il existe donc une pléthore de jeux pédagogiques, à vous de choisir ceux qui correspondent le mieux à vos objectifs et à votre audience. Retenez toutefois que l’outil pédagogique doit être choisi et adapté en fonction d’un projet de formation et non l’inverse.

 

D'après l'article ci-dessous en lien

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