Contrat pédagogique et contrat didactique

Publié le 12 Mars 2021

La didactique est constituée par l’ensemble des procédés, méthodes et techniques qui ont pour but l’enseignement de connaissances déterminées. 

Le mot "didactique" vient du grec ancien didaktikόs (« doué pour l’enseignement »), dérivé du verbe didáschein (« enseigner », « instruire »). La didactique, c’est l’ étude des questions posées par l’enseignement et l’acquisition des connaissances dans les différentes disciplines scolaires. La didactique se différencie de la pédagogie par le rôle central des contenus disciplinaires et par sa dimension épistémologique (la nature des connaissances à enseigner). S’il est adjectif, le mot "didactique" réfère à : Ce qui est instructif, explicatif, pédagogique (ouvrage didactique, poème didactique) ; Ce qui appartient à un vocabulaire spécialisé (terme didactique).

On distingue : La didactique générale qui s’intéresse à la conduite de la classe (cours magistraux, leçons dialoguées, travaux pratiques individuels ou collectifs, utilisation de manuels, etc.) ; La didactique spéciale qui s’intéresse à l’enseignement d’une discipline particulière pour une classe, un cycle d’études ou un ordre d’enseignement. La didactique porte sur les méthodes ou les pratiques d’enseignement tandis que la pédagogie porte sur l’éducation ou l’action éducative. En tant qu’adjectif, le mot "didactique" qualifie ce qui concerne les méthodes et les pratiques de l’enseignement, ou l’enseignement à proprement parler. On emploie souvent l’adjectif didactique pour préciser qu’une technique ou qu’un matériel est utilisé à des fins d’enseignement. 

http://saoussendkhil.over-blog.com/2014/01/didactique.html 

Un contrat didactique est un contrat qui se tisse entre le professeur et les élèves en relation avec le savoir par des mécanismes implicites. Ce contrat fixe les rôles, places et fonctions de chaque partie. Il fixe les activités attendues du professeur comme des élèves, les places respectives de chacun au regard du savoir traité et même les conditions générales dans lesquelles ces rapports au savoir évolueront au cours de l’enseignement. (Joshua, Dupin). Le contrat didactique agit comme un facteur d’équilibre entre professeur, savoir et élève.

Le contrat didactique est le résultat de la négociation des rapports établis explicitement et/ou implicitement entre un élève ou un groupe d’élèves, un certain milieu et un système éducatif, aux fins de faire approprier aux élèves un savoir constitué ou en voie de constitution.

Le contrat didactique n’est pas toujours explicite, ce n’est pas une volonté de l’enseignant. On remarque que les meilleurs élèves ne sont pas nécessairement ceux qui maitrisent le savoir. L’enjeu est de distinguer ce qui est de l’ordre d’une véritable compréhension et ce qui est de l’orde du contrat didactique.

Il existe un changement de contrat quand on passe du secondaire au supérieur par exemple. Il s’en forme toujours un. La classe ne peut fonctionner sans l’existence d’un contrat didactique. L’effet le plus néfaste du contrat didactique est que l’élève ne cherche pas à apprendre mais à faire plaisir au professeur pour avoir une bonne note. Le contrat didactique a comme conséquences une perte de sens.

Le contrat pédagogique relève de l’organisation de la classe et des habitudes de travail tandis que le contrat didactique concerne la construction et la transmission des savoirs. Le contrat pédagogique est constitué de l’ensemble des règles de vie en vigueur dans une classe. La nature de ce contrat n’est pas liée à une discipline enseignée.

 

L’effet Topaze :

Le professeur réunit des conditions qui permettent la réponse attendue sans que l’élève n’ait eu à investir le moindre sens.

Exemple : des moutonssss

L’effet Jourdain :

Pour éviter un débat de connaissance avec l’élève, et éventuellement un constat d’échec, le professeur accepte de reconnaître come l’indice d’un savoir ou d’une démarche authentiques, une production ou un comportement de l’élève qui ne sont en fait que des réponses ayant des causes banales.

Exemple d’exercice : Soit 20 bonbons à répartir entre 5 enfants.Combien de bonbons chaque enfant va-t-il avoir ?

Le professeur veut se servir de cet exercice pour faire découvrir la division. Malheureusement, les élèves pour résoudre le problème, n’utiliseront peut-être pas les mécanismes de division pour résoudre ce problème, ils préfèreront distribuer les bonbons un par un. Il faudrait un plus grand nombre de bonbons pour éviter l’erreur de contrat didactique

La notion d’obstacle « épistémologique » a été introduite par Gaston Bachelard (1938). Il identifiait l’obstacle comme étant « des causes d’inertie » provoquant des lenteurs et des troubles. De plus Bachelard considérait ces obstacles épistémologiques comme le moteur de l’évolution de la connaissance, puisqu’ils constituent la rupture qui dynamise le progrès de la connaissance.Brousseau parle aussi de l’obstacle mais cette fois ci de l’obstacle didactique, si les choix pédagogiques de l’enseignant ou du système éducatif sont erronés, ces derniers vont fonctionner comme obstacle à l’apprentissage des nouvelles connaissances et induit l’élève en erreur. Un obstacle didactique est donc une représentation négative de la tâche d’apprentissage, induite par un apprentissage antérieur, et faisant entrave à un apprentissage nouveau. Il y a donc obstacle lorsque les « conceptions nouvelles » à s’approprier contredisent les « conceptions antérieures » de l’élève. « Un obstacle didactique est une représentation de la tâche, induite par un apprentissage antérieur, étant la cause d’erreurs systématiques et faisant obstacle à l’apprentissage actuel ». « Il y a obstacle lorsque les conceptions nouvelles à former contredisent les conceptions antérieures bien assises de l’apprenant » (Bednarz, Garnier, 1989). On retrouve aussi cette idée d’obstacle chez Piaget qui le voyait du point de vue épistémologie génétique : Pour Piaget l’obstacle est du aux limitations psychologiques.

Transposition didactique

Transposition didactique : un processus de construction du savoir scolaire Les enseignants sont confrontés à deux problèmes essentiels dans leur pratique d’enseignant : la gestion du curriculum et la gestion de la classe (du point de vue de la discipline des élèves). L’un des aspects les plus importants attaché à la gestion du curriculum concerne la construction du savoir scolaire. C’est un processus complexe, influencé par de nombreux facteurs qui a comme point de départ l’ensemble du savoir scientifique et comme point final l’ensemble des connaissances acquises par les élèves. Le savoir scientifique subit de multiples transformations afin de se constituer en tant qu’objet d’enseignement : ces transformations relèvent de ce que nous nommons la « transposition didactique externe ». Les autres transformations qui se produisent dans le cadre du processus d’enseignement – apprentissage, opèrent dans les relations professeur – élève et s’objectivent dans les différentes formes du curriculum (réel, réalisé, caché), elles constituent, pour nous, la « transposition didactique interne ». Toutes ces transformations sont réalisées autant dans une logique de continuité que dans celle des ruptures épistémologiques.

LA TRANSPOSITION DIDACTIQUE INTERNE représente l’ensemble des transformations successives et négociées subies par le curriculum formel dans le cadre du processus d’enseignement et d’apprentissage, tout au long du parcours professeur-élève. On l’appelle interne car elle se produit à l’intérieur de la relation professeur-élève et elle constitue l’objectivation des différences de rapport entre ceux-ci et le curriculum formel. Ce rapport, on le personnalise, on l’idéologise, on l’axiologise et on le sociologise. Il porte autant l’empreinte de la personnalité des acteurs impliqués dans l’acte éducatif que celle du modèle socioculturel de l’acte éducatif, admis et légitimé à un moment donné. Dans ce sens, certains auteurs considèrent que l’élaboration de la culture scolaire constitue un processus de construction historico-sociale et individuelle (Ruano-Borbalan, 2001).

LA TRANSPOSITION DIDACTIQUE EXTERNE représente le processus de transformation, d’interprétation et de réélaboration didactique du savoir scientifique constitué dans de différents domaines de connaissance. La représentation didactique résulte de la chaîne de toutes ces transformations et ré-élaborations.

Les variables didactiques

Dans une tâche d’apprentissage, les variables didactiques sont des paramètres qui, lorsqu’on agit sur eux, provoquent des adaptations, des régulations et changements de stratégie. Ces paramètres permettent de simplifier ou de complexifier la tâche et ainsi de faire avancer la « construction » du savoir.

La valeur de ces variables est fixée par l’enseignant (voire l’élève) et peut être modifiée en cours d’apprentissage pour modifier la connaissance nécessaire à la solution.

La manipulation de ces variables nécessite, de la part de l’enseignant, une identification de celles-ci et une appréciation des ressources de l’élève. La maîtrise de ces variables permet de construire le décalage optimal entre les contraintes de la tâche et les ressources de l’élève ; c’est-à-dire de créer les possibilités de « perturbations maximales » de transformation de ses comportements.

Ce concept de la didactique des disciplines (développé par Guy Brousseau) est utilisé dans l’enseignement en France depuis les années 1990.

Ces variables en EPS peuvent être :

- de temps (Ex. : durée de jeu, de pose, de temps mort, d’échange),
- d’espace (Ex. : surface de jeu : dimension, forme),
- de règle et de fonctionnement (Ex : nombre de joueurs, nombre d’échanges, statut, rôles, thème).

Source : Wikipedia

Le saut informationnel

- « Le saut informationnel consiste, après avoir trouvé une situation fondamentale faisant “fonctionner” une notion, à choisir d’abord les valeurs de ses variables de telle manière que les connaissances antérieures des élèves permettent d’élaborer des stratégies efficaces…puis, sans modifier les règles du jeu, à changer les valeurs des variables de façon à rendre beaucoup plus grande la complexité de la tâche à accomplir. De nouvelles stratégies doivent être établies qui demandent la construction de nouvelles connaissances. » (G. Brousseau, 1986, p. 23)

- On appelle saut informationnel un changement de valeur d’une variable didactique à l’intérieur d’une situation, susceptible de provoquer un changement de stratégie, donc d’amplifier l’apprentissage par le jeu.

- Par exemple, dans le jeu des listes, le professeur provoque un saut informationnel quand il cache non plus 2 mais 10 objets pour que les élèves éprouvent le besoin de faire une liste écrite.

- Derrière la notion de saut informationnel il y a l’idée que l’apprentissage n’est pas continu, progressif. Au contraire, il résulte d’une adaptation à une situation problématique, qui provoque un déséquilibre.