Recherches localisées

 

Médiation grammaticale en contexte réunionnais : école inclusive et sécurisation linguistique

83E DU CONGRÈS DE L’ACFAS - COLLOQUE N°20 - INCLUSION SCOLAIRE : LES TRANSFORMATIONS DE L’ÉCOLE, 26 & 27 MAI 2015

La situation linguistique sur l’île de la Réunion est particulière : une coexistence du créole et du français en termes de diglossie. Le créole réunionnais est limité à la sphère privée ou informelle, l’usage du français relevant de la sphère publique et officielle. La parole réunionnaise se caractérise aussi de nos jours par le mélange du créole et du français (Souprayen-Cavery). La coexistence et le mélange entre le français et le créole influent nécessairement sur les apprentissages des élèves et la maîtrise de la langue française selon les attendus du curriculum standard. On pourrait même voir une des raisons d’un échec scolaire massif du fait d’un bilinguisme non autorisé dans les pratiques de classe. Pourtant, le parler créole n’est pas handicapant, c’est le système scolaire français ségrégatif, qui excluant le créole dans les pratiques scolaires, handicape le potentiel scolaire de l’élève réunionnais. L’élève réunionnais possède une culture spécifique. Il évolue dans un bain langagier qui n’est pas celui du français hexagonal, mais celui d’une langue créole aux formes syntaxiques marquées avec des variations locales du lexique comparables aux nombreux microclimats de cet espace insulaire. Des études psycho et socio linguistiques soulignent la situation allophone de l’élève réunionnais. Toutefois, cette réalité langagière est niée par une politique assimiliationniste ou intégrationniste depuis la loi de départementalisation de 1946. Du coup, la médiation grammaticale en école élémentaire à la Réunion montre une singularité qui interroge le modèle développé dans nos précédentes études sur le territoire métropolitain. Nous faisons l’hypothèse que la conceptualisation de faits grammaticaux, observée dans des glissements conceptuels (Clauzard, 2008), est contrariée : le passage d’une langue outil de communication, à dimension épilinguistique, à une langue objet de dimension métalinguistique diffère. Le jeune élève réunionnais n’exprime pas une activité métalinguistique non consciente (Culiolli) ou une posture épilinguistique (Gombert) : une connaissance intuitive et un contrôle fonctionnel de la langue de scolarisation qu’est le français. Notre questionnement est donc le suivant : En quoi la médiation grammaticale en école élémentaire se singularise-t-elle dans un espace créolophone comme celui de la Réunion ? Quelle réponse inclusive de sécurisation linguistique dans les apprentissages est-il possible d’apporter aux élèves réunionnais ? Nous nous appuyons sur le principe d’inclusion scolaire entendu comme à la fois une philosophie et un ensemble de pratiques pédagogiques qui permettent à chaque élève de se sentir respecté, valorisé, confiant et en sécurité de sorte qu’il puisse réaliser son plein potentiel d’apprenant. Ces enjeux posés, nous les exemplifierons par des captations d’apprentissage en étude de la langue en classe réunionnaise. Une enquête auprès d’enseignants novices et confirmés complète notre investigation.  Mots clefs : médiation grammaticale, sécurisation linguistique, inclusion scolaire, créole réunionnais.

COMMUNICATION AU COLLOQUE INTERNATIONAL ICARE SAINT-DENIS DE LA RÉUNION, AVRIL 2014

Les écrits réflexifs : une intervention de secondarisation et méta cognitive dans l’apprentissage
Dans la poursuite de nos réflexions sur les effets de secondarisation dans l’apprentissage et la conceptualisation des enseignements reçus (Clauzard, à paraître), nous faisons l’hypothèse d’un espace intermédiaire de conceptualisation, un espace du possible et du créatif, conduisant à la construction de concepts transitionnels (provisoires à institués). Nous nous référons aux propos de Pastré (2011) et aux écrits de Winnicott (1971) sur les aires intermédiaires, dans lesquelles un « savoir objet » extérieur au « sujet » va transiter afin que le sujet se l’approprie comme nouvelle ressource dans son répertoire cognitif. Ce mouvement d’une sphère objective du réel vers une sphère subjective du sujet, ou autrement dit d’un savoir vers un sujet qui l’incorpore par assimilation ou accommodation (Piaget), exige une intervention d’ordre métacognitive de la part de l’enseignant. Nous l’avons déjà observé, dans le cadre de l’enseignement – apprentissage de la grammaire à l’école, avec la mobilisation d’une secondarisation matérialisée dans des épisodes de glissements conceptuels au sein des interactions de classe. Nous supposons que dans le cadre de la formation d’adultes (initiale et continuée), par-delà sa spécificité, il se joue la même nécessité d’intervention pour provoquer la formation de concepts (cela n’est pas automatique : fortes représentations, poches de résistance…). Nous avons testé cette idée avec l’outil des écrits réflexifs (journaux d’apprentissage – cf. Crinon 2007, bilans réflexifs, lettres au sosie, journal des comprentissages – cf Chabanne, 2003) au sein de différents cours universitaires. Notre projet est d’examiner ces écrits au moyen d’une analyse de contenu (Bardin, 2001) et d’une étude en termes d’invariances et singularités selon une optique propre à la didactique professionnelle en analyse du travail d’apprentissage. Nous présentons l’ensemble des résultats relatifs à plusieurs analyses de contenu. En outre, nous souhaitons mesurer en quoi les écrits réflexifs forment une plus-value pour faciliter l’apprentissage, repérer des traces de conceptualisation, apprécier le cheminement cognitif des étudiants. Cette communication nous permettra d’établir un bilan d’étape d’une recherche en cours sur la formation universitaire : méthodes, outils et conceptualisation. Mots-clés : écrits réflexifs – conceptualisation – secondarisation – aire intermédiaire – formation des adultes
Recherches localisées

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :