Formation Flash en grammaire

Publié le 1 Juillet 2021

1 — Questions: Pour vous, c'est quoi faire de la grammaire? Ca représente quoi? Et enseigner la grammaire, c'est quoi pour vous? Quelles sont vos représentations sur « j'enseigne de la grammaire »?

-> Réponse: C'est comprendre le fonctionnement de la langue, c'est comprendre la mécanique de la phrase, en ce qui nous concerne en école élémentaire (cf. les programmes officiels). En termes savants, faire apprendre la grammaire, c'est développer un modèle cognitif sur un modèle opératif, c'est-à-dire comprendre le fonctionnement de la pratique langagière, comprendre ce que l'on sait déjà faire, car tous les élèves construisent des phrases grammaticales avec sujet, verbe & complément, c'est donc effectuer une analyse de pratique de la pratique du langage oral ou écrit. (cf. l'effet Jourdain).

2 - Questions: Comment préparez-vous vos leçons de grammaire? Quels sont vos outils? Quelles questions vous posez-vous?

-> Réponse: - le livre de grammaire « Bescherelle adulte » pour être au clair avec un concept grammatical à faire apprendre,

- le manuel scolaire avec une « lecture critique », relativement à la programmation, à l'adéquation des situations et démarches proposées , à la faisabilité des exercices, à l'exactitude des définitions,

- la zone de proche développement des élèves est à prendre en compte: qu'est-ce que les élèves connaissent déjà sur la notion enseignées et quelles difficultés vont-ils rencontrer relativement à Ia notion même et à leurs aptitude (niveau du groupe classe): et réflexion sur le niveau particulier d'élèves (cf. la différenciation)

3- Question : Quelles tâches scolaires proposez-vous aux élèves concernant l'apprentissage de la
grammaire?

-> Réponse: Montrer mon étude doctorale effectuée, tâches de manipulation/segmentation/agrégation/etc. Travailler sur une phrase choisie qui va poser un problème grammatical donnant lieu à des recherches, des expérimentations, des observations, des manipulations. qui peuvent aller dans le sens d'un « jeu » sur la langue. On fait « jouer » la langue afin de mieux l'analyser. cf. la démarche scientifique.

4- Question: Quelles finalités allez-vous apporter à votre enseignement grammatical? Dans quel
dispositif plus global allez-vous l'inscrire”?

-> Réponse: On est dans un projet de grammaire pour écrire: c'est une grammaire instrumentale, c'est apprendre pour utiliser la grammaire comme un outil, cf la notion de boite à outils pour production d'écrit; ou bien on est dans un projet de grammaire pour bien orthographier, c'est apprendre à respecter la convention, la norme grammaticale, c'est une grammaire de type « juridique »; on est dans un idée de grammaire pour réfléchir, c'est une grammaire réflexive, c'est apprendre pour comprendre le fonctionnement de la langue, pour réfléchir la langue, nous sommes dans le développement d'une analyse dé pratique sur la pratique grammaticale effective = attitude métacognitive.

5- Présentation de quelques ouvrages: Livre de Renée Léon, brochures CDDP, Fichier Une grammaire autrement, livres GFEN.

Exposé des principes de l'observation de la langue our en conprendre le fonctionnement (cf. ORL)

C'est par la collecte d'exemples (avec intrus et contre-exemples éventuellement), puis leur organisation, leur réorganisation qu'on parvient à créer une problématisation : la constitution d'un tableau analogique répond à une demande ou à un besoin des enfants, voire à un "scandale orthographique" repéré par la classe, et non à la logique de l'enseignement qui reste extérieure aux élèves.

Phases possibles :

Mise en lumière d'un fait de langue par un élève ou le maître. Collecte de données linguistiques (mots, groupes, phrases, textes) ayant trait à ce Fait de langue, avec participation éventuelle de l'enseignant (pour relance, équilibrage du Corpus...)

Affichage en classe de ce "matériau de base”, support de la réflexion à venir

Après une période de collecte suffisamment longue (1-2 semaines) la classe s'empare de ce corpus dans une séance : tâche de tri (élimination des éléments ne correspondant pas à la recherche), puis classement dans diverses catégories (le plus souvent ces catégories sont mal définies, floues, peu performantes, mais il importe de ne pas brusquer le processus. Rien n'empêche l'enseignant de faire un retour réflexif sur le mode de classement choisi pour estimer son degré de pertinence par rapport à la recherche en cours.) Organisation de cette phase : travail individuel, par dyade, par groupe, collectif, ou un savant dosage des différents types d'organisation possible.

Souvent à l'issue, mais également pendant la tâche de classification : interactions, argumentations et contre-argumentations, étayées par l'enseignant qui donne la parole à tous, s'assure que les débats permettent au plus grand nombre de progresser, et que le meilleurs n'accélèrent pas trop le rythme. Il s'agit de proposer un classement qui, en fin de compte, soit pertinent du point de vue de la recherche de départ; le rôle du formateur est très important ici pour éviter les dérapages qui éloignent de la logique d'apprentissage : rappel de savoirs, de procédures, quand c'est nécessaire. Même si les élèves ont le sentiment d'être allés au bout de la tâche de classement, il n'est pas exclus que le maître que la classification proposée soit partielle, et représente un état de connaissance transitoire qui sera complété plus tard.nIl est indispensable d'amener les élèves à expliciter le mode de classement, éventuellement en apportant les termes de métalangue nécessaires à ce stade. Le travail ainsi achevé restera (...)  Affiches et traces individuelles pourront être modifiées, complétées, réorganisées, supprimées au cours du cycle, selon la progression des savoirs et savoir-faire. (IPR Lettres, académie de Créteil, 2007) 

Comment préparer la séance de grammaire ? Ce que prévoit le professeur quand il construit sa séance de grammaire.

- Des lectures personnelles
Avant une leçon sur «l'attribut du sujet», comme avant toute autre séance de grammaire, le professeur gagne à consulter une grammaire universitaire *, même s'il croit bien connaître la notion Il en retient que l'attribut du sujet est la qualité ou la propriété attribuée au sujet par l'intermédiaire du verbe, naturellement ou occasionnellement attributif *, que c'est un groupe essentiel (il ne se supprime pas et ne se déplace pas), qu'il s'accorde avec le sujet

- Des objectifs (= ce que le professeur veut que les élèves apprennent) en rapport avec la compétence à Construire. Ici « étudier l'attribut du sujet pour décrire (varier dans la description l'expression des qualités) ».
- Des prérequis : ici la connaissance des notions de groupe nominal, de suyet et de verbe (sur
lesquelles on pourra revenir).

Des hypothèses sur les opérations mentales que les élèves auront à effectuer
Ils auront ici à identifier, à comprendre, à appliquer, à analyser, à synthétiser

La tâche que les élèves auront à accomplir
La consigne précise soit la tâche à accomplir, soit Le résultat à obtenir.

Il leur faudra - manipuler les faits de langue : supprimer, remplacer, déplacer - appliquer ce qu'ils ont retenu dans des exercices de grammaire ad hoc - écrire quelques lignes pour décrire un personnage mythologique en soulignant trois attributs du sujet dans son texte.

Des difficultés et des facilitations ou des aides
L'élève risque de confondre « épithète » et « attribut », « C.O.D » et « attribut », « participe passé » d’un verbe passif (la porte est ouverte par le vent) et « attribut » (la porte est ouverte). C'est pourquoi, il faut faire des choix en sixième, comme à tous les niveaux, ne pas donner dans le corpus à étudier d'occurrences de faits de langue trop difficiles.

* La finalisation
lci l'écriture de quelques notations descriptives dans une rédaction. Ce peut être aussi l'insertion de cet écrit dans un projet d'écriture plus vaste.

* Le dispositif pédagogique modalités :- Alternance écrit / oral
- Travail individuel’ travail en petit groupe
- Groupe classe; matériel : ordinateur ou cahier d'essai et affiches, feutres, etc.

. Une évaluation qui permet au professeur de savoir si ses objectifs ont été atteints, et aux
élèves s'ils ont réussi la tâche demandée. C'est dans l’activité d'écriture que l’on évaluera en fin de compte s1 La notion est maîtrisée.

Par exemple, Grammaire méthodique du français, M Riegel, J.-C. Pellat, A Rioul, PUF, 19%4. Existe
également en édition de poche : Pour enseigmer la grammaire, tome 1, R. Tomassone, Delagrave, 1996, et tome 2, R Tomassone et G Petiot, Delagrave, 2002, « L'étoile a plenté rose au cœur de tes oreilles, L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins La mer à perlé rousse à tes mammes vermeilles Et l'Homme saigmé noir à ton flanc souverain », Rimbaud, Poésies.

Source: IPR Lettres, académie de Créteil, 2007

Comment organiser une séance de grammaire ?

Formation Flash en grammaire

IPR Lettres, académie de Créteil, 2007