Pédagogie Universitaire 3 : Conseils, astuces & réflexions

Publié le 3 Novembre 2021

EN OUVERTURE

QUIZ : la pédagogie universitaire est-elle indispensable ? À quoi sert-elle ?
 

Pour les enseignants chercheurs, un tiers de leur temps de travail est destiné à  l'enseignement, l'essentiel de leur travail est voué à leurs missions de recherche.
Est-ce pour cela que pendant longtemps, il n'exista nulle formation pour apprendre à former les étudiants ?


La recherche en pédagogie montre que l'on ne perd pas le respect des étudiants si l'on se montre humain, si le professeur parle d'expériences personnelles et émaille son discours d'histoire drôle afin de casser la monotonie des cours magistraux  (Forsyth, 2003).

Plus une méthode pédagogique améliore les performances de rappel et de mémorisation du matériel présenté, plus elle est considérée comme efficiente. (Berck, 2005).
Il s'avère qu'une meilleure mémorisation du matériel présenté ou une meilleure capacité à utiliser ce matériel conduit à un jugement positif de la méthode employée.

Les connaissances sur les meilleures méthodes pédagogiques à employer à l'université sont issues de recherches et travaux empiriques.  (Quantification des variables, tests statistiques, méthodes expérimentales,  replicabilité des résultats...)
In review of Educational research. Certaines causes produisent des effets que l'on cherche à comprendre. C'est un des objectifs de la pédagogie universitaire.

QUIZ : quelle méthode la plus efficace pour retenir des apprentissages selon vous ?

Taux de rétention en fonction de méthode pédagogique employée :


5% d'enseignement frontal


10% de lecture passive


20%  d'enseignement audiovisuel

 30 % de démonstration


50 % de discussion


75 % d'exercices pratiques


90 % d'enseignement aux autres
 

Être un enseignant et un formateur est un métier qui s'apprend comme n'importe quel autre. Ce qui fait des qualités d'un professeur ce sont les méthodes pédagogiques utilisées.

Selon Smicki et MC Kenchie (2010), il existe 5 grandes conclusions sur l'enseignement-apprentissage à l’université :


1/ Le rapport entre enseignants et étudiants : qualité des relations interpersonnelles que l'enseignant entretien avec ses étudiants, c'est un des facteurs les plus importants pour leur apprentissage avec l'importance de la présentation du premier jour.


2/ Un enseignement efficace est caractérisé par l'existence d'un contrat entre enseignants et étudiants, spécifiant ce que chacun peut attendre de l'autre;  ce contrat peut prendre la forme d'un syllabus ou d’un descriptif de cours avec les coordonnées du professeur, la liste des thèmes et séances, et la lecture obligatoire ou conseillée, les informations sur les exercices à rendre et le système de notation. Les spécifications des attentes du professeur. Des chercheurs pensent le syllabus comme l'étape la plus importante dans la préparation du cours (Brown et Atkins, 1988).


3/ Un enseignement est efficace si il implique de l'apprentissage actif, plus les étudiants participent activement au processus d'apprentissage, plus ils maîtrisent les contenus. Recopier un PowerPoint est une activité passive avec une faible mémorisation. En revanche, il est plus propice à l'apprentissage, par exemple, l'extrait des informations d'un texte écrit, distinguer les arguments pertinents des non pertinents dans le texte, évaluer la qualité d'une étude scientifique, hiérarchiser ou établir des liens entre des informations, appliquer une solution abstraite à un problème concret, reformuler des idées ou les expliquer à autrui. Ce sont des activités impliquant des apprentissages actifs. Lire, écrire, discuter, résoudre des problèmes : ce sont l'alpha et l'oméga de tout apprentissage universitaire. Il s'agit toujours d'impliquer les étudiants dans des tâches de raisonnements supérieures comme l'analyse, la synthèse et l'évaluation.


4/ Recapter l'attention des étudiants toutes les 15 à 20 minutes environ. Cela évite les bavardages, en changeant d'activité toutes les 15 minutes en TD, en faisant quelque chose de nouveau toutes les 15 minutes.

En conclusion, il s'agit de créer et maintenir un bon rapport avec les étudiants, établir un contrat entre enseignants étudiant, utiliser des méthodes pédagogiques qui facilitent l'apprentissage actif, maintenir un niveau d'attention élevé chez les étudiants, devenir non plus un transmetteur d'informations, mais devenir un facilitateur d'apprentissage.

 

Le professeur a 2 choix :

- soit tout préparer et sélectionner comme informations à transmettre aux étudiants qu'ils doivent retranscrire pendant leur évaluation pour être validés

- soit aider les étudiants à travailler par eux-mêmes.

Les étudiants acquièrent une grande partie des informations pertinentes à partir des textes écrits ou des exercices. Le professeur doit donc être un facilitateur d'apprentissage en passant une grande partie de son cours à expliquer et à approfondir des points obscurs de la lecture obligatoire et à illustrer ces points par des démonstrations vivantes. Les exercices pour faciliter la mémorisation et la compréhension sont à l'ordre du jour; l'examen porte sur la lecture obligatoire. Le professeur doit transmettre des connaissances, trouver des textes écrits adaptés aux étudiants, enseigner des méthodes pour apprendre, trouver des exercices favorisant la mémorisation et la compréhension des contenus. Il doit également transmettre des savoir-faire, motiver et stimuler les étudiants, développer le sens critique des étudiants.
Un enseignant est plus efficace s’il implique les étudiants par du travail personnel en dehors du cours, c'est-à-dire lire des textes en relation avec le cours,  effectuer des exercices, réaliser des QCM numériques, préparer des exposés à réaliser en classe, réaliser un portfolio ou un journal des apprentissages, ou encore réaliser une expérience, résoudre un problème, réaliser un projet.


Il importe d'apprendre aux étudiants "un savoir prendre des notes de cours", ainsi que le savoir  débattre, le savoir mémoriser, le savoir réaliser des cartes mentales, le savoir réaliser un projet pour apprendre...


Il est très enrichissant de demander aux étudiants d'effectuer en cours, seul ou en groupe, un travail personnel sachant que le professeur est disponible pour répondre aux questions. C'est un moyen de casser le cours magistral ennuyeux. Plus le professeur est passif, plus le travail des étudiants est actif, plus le travail personnel implique un apprentissage actif de la part des étudiants. Le professeur n'a pas à tout dire ni l'étudiant à tout noter. On trouve des ressources sur des sites internet, des articles scientifiques, ou dans des extraits de livres. Il s'agit d'éviter que les étudiants utilisent toutes leurs ressources cognitives à noter un discours, mais plutôt s'imprègnent, s'interrogent, et  discutent, avec l'enseignant et le groupe, des informations données. Il s'agit de faciliter la compréhension en cours de séance d'enseignement. Il faut ainsi éviter que le professeur devienne la seule source d'information d'étudiant. D'où le recours à des livres et des articles. Mais quels textes choisir ?
Il est conseillé d'utiliser la littérature secondaire dans les cours magistraux CM comme des manuels universitaires, des revues, des livres de professeurs pour cours magistraux. Et de la lecture primaire pour les travaux dirigés TD, c'est-à-dire des livres spécialisés, des articles scientifiques, des articles de site internet, des journaux de revues de vulgarisation. On peut aussi utiliser les manuels pour étudiant pendant le TD.

Le formateur peut tout simplement suivre le déroulement d'un manuel pour dérouler son cours, tout en mentionnant le nom du manuel afin que des étudiants l'achètent ou se le procurent. Si un chapitre ne convient pas, on peut piocher dans un autre manuel. Enfin, il n'est pas interdit, au contraire, d'écrire un ouvrage, un manuel d'après ses propres notes de préparation de cours, présentant aussi vos propres recherches et articles scientifiques qui seront rendus plus accessibles.


Le travail actif consiste à faire lire à des groupes de deux ou trois étudiants des articles qu'ils étudient, analysent et discutent ensemble afin de les exposer ensuite en grand groupe avec des commentaires du professeur. On peut dire qu'ils font ainsi un peu le cours, cela est motivant et permet plus de rétention aux étudiants qui exposent, ainsi qu' aux auditeurs qui les écoutent et peuvent leur poser des questions  de clarification. Il est demandé aux étudiants de lire l'article seul à la maison avant le cours, il est donc distribué à l'avance ou disponible sur le site internet du professeur. Les étudiants doivent souligner les phrases importantes, les trois ou quatre points essentiels à aborder et commenter avec des avis personnels l'article. Le TD permet d'accompagner les étudiants dans la compréhension de textes difficiles, car le groupe est plus restreint. Comme conseils généraux, ne pas trop donner de lecture obligatoire, être précis, définir la lecture obligatoire de texte pour chaque cours, annoncer dès le premier cours si l'examen porte sur le cours obligatoire.


Un brainstorming collectif peut  ouvrir le cours afin de faire émerger les représentations initiales et un brainstorming conclusif peut fermer le cours afin d'évaluer la transformation et l'évolution des représentations initiales préscientifiques en représentations scientifiques visées par les attendus du syllabus du cours.
 

QUIZ sur la syllabus. Quelle définition ? Quelle utilité ? Quelles questions se poser avant de le rédiger ? Quel format ? Quels documents annexes ? Quelle bibliographie ? Etc…

Le syllabus est un descriptif du cours. Il comporte la description du contenu, les objectifs du cours, les références bibliographiques. Ce que l'étudiant doit savoir à la fin du cours. Il apparaît une description des thèmes abordés, des horaires du cours, des conditions de validation; sont ensuite listées des lectures conseillées ou obligatoires ainsi que la méthodologie pédagogique employée par le formateur. D'après certaines recherches américaines, les étudiants apprennent davantage si les enseignants distribuent des syllabus au premier cours. Cela constitue un gage d'enseignement efficace. Le syllabus est un contrat écrit entre les deux parties professeur / étudiant. C'est un engagement sur ce que les uns attendent des autres. Ça permet aux étudiants de situer les thèmes traités et le volume de travail attendu, les connaissances pré - requises et le mode d'évaluation. Cela oblige le professeur à s'organiser et définir un plan d'action pédagogique. Le Syllabus est un plan d'enseignement qui engage de l'anticipation et permet d'ajuster en fonction de déroulement du cours aux prises avec des imprévus. C'est un gage de sérieux qui contribue à de bonnes relations entre enseignant et étudiants dès le premier cours.
 

QUIZ sur vos pratiques de pédagogie universitaire ?

Brainstorming sur les éventails de possibilités ? Mise en commun des réflexions individuelles puis par groupe. Formalisations au tableau. Discussions collectives. Synthèse schématique.

Éventail d'activités pédagogiques


- donner un test très court sur la lecture obligatoire, un QCM


- demander à un étudiant de résumer une lecture obligatoire


- rédiger une mini dissertation sur la lecture obligatoire


- demander en travail de groupe de comparer une théorie donnée avec celle exposée

 dans la lecture obligatoire


- effectuer l'explication et le commentaire du texte obligatoire.

- faire exposer un document sur la thématique du cours

- présenter des vidéos illustratives

- commenter des schémas ou photographies ou un texte

L'enseignement sera plus efficace si une partie de l'apprentissage se fait en dehors du cours, pour peu que l'enseignant soit facilitateur avec un travail de préparation, d'encadrement et de suivi. Ainsi,  il s'agit pour le formateur de choisir les lectures obligatoires appropriées, d'aider les étudiants à lire les textes difficiles, de préparer les questions sur les textes, de développer des exercices à faire à la maison, de s'assurer d'une réelle lecture de texte au moyen de QCM, de corriger des exercices, de trouver des activités pédagogiques permettant d'utiliser lors du cours suivant les informations nouvellement acquises, de communiquer un certain enthousiasme.
La qualité des relations avec les étudiants influe sur la qualité des apprentissages. Le travail de groupe renforce les liens et un apprentissage coopératif. On peut effectuer des brainstormings de groupe ou bien des réflexions de groupe. Ou à partir d'un petit QCM le renseigner et le discuter en petit groupe. Une restitution collective permet d'engranger davantage le débat.


La présentation du syllabus pendant le premier cours consiste à passer un contrat et la possibilité de demander pour les étudiants des informations supplémentaires. Il convient d'indiquer clairement la quantité de travail attendu pendant le trimestre, de ne pas donner l'impression que le cours sera facile, mais qu'un étudiant investi pourra réussir. On peut profiter du premier cours pour aborder la question du travail universitaire, de la méthodologie de travail des étudiants qui est la plus profitable. Par exemple, comment rédiger des fiches de lecture sur les textes de lecture obligatoire ou conseillée qui permet d'apprendre beaucoup plus, comment prendre des notes d'un cours magistral et en compléter les informations auprès de sources autres en bibliothèque, parler des méthodes de lecture, de la prise de note, des techniques de mémorisation, et de la gestion du temps ainsi que des méthodes pour surveiller son propre progrès d'apprentissage, de la valeur du travail en groupe... tout cela est indispensable. On peut aussi évoquer des stratégies d'apprentissage incluant la répétition, la révision ou paraphraser, le résumé, l'organisation des informations sous forme de schéma ou de carte mentale, d'élaborer, d'analyse et de manière générale de rendre plus mémorable et de donner plus de sens à ce qu'on apprend ou à ce qu'on essaie d'apprendre.

Pendant le premier cours, le formateur doit expliquer ses méthodes pédagogiques et son souci d'efficacité dans un enseignement impliquant les étudiants et leurs réussites. Il faut mentionner au premier cours si la présence est obligatoire ou non, passer un contrat à ce propos :  un contrôle terminal supplémentaire ayant lieu pour ceux qui sont absents plus de 3 cours. Il faut définir les horaires, les pauses, le début exact du cours.

On peut passer le contrat d'une mise en ligne sur internet du PowerPoint du cours, mais si cela génère trop de bavardage ou d'absentéisme, la mise en ligne sera différée et un contrôle continu sera instauré. On peut prévoir également un journal des apprentissages à remplir en début et en fin de cours et à lire de manière volontaire de temps en temps. Les bavardages pendant le cours sont exclus, les téléphones portables doivent être éteints. Il convient de rendre le cours vivant avec des feed-back réguliers et des méthodes actives de manière à éviter de longs discours du professeur au final très ennuyeux.


Activités pédagogiques du premier cours :


- le test d'ajustement: faire passer un QCM, pas noté, mais corrigé en classe afin d'évaluer le niveau actuel des étudiants et ainsi ajuster les cours suivants, faire le même test en fin de semestre pour montrer aux étudiants tout ce qu'ils ont appris.
- le pseudo test : c'est un bon moyen de rendre les étudiants plus sensibles à l'acquisition de nouvelles compétences, cela permet de démontrer aux étudiants qu'ils détiennent de fausses croyances sur les contenus traités en cours.
- le jeu de questions auxquelles les étudiants doivent répondre seuls puis avec le voisin de manière à confronter la réponse et enfin un petit groupe. Les questions peuvent être en lien avec des prérequis ou bien des problématiques du cours.

Organisation du CM – cours magistral


En définitive, le cours magistral est la forme la moins favorable pour faire apprendre,  mais économique pour la faculté !

 

Les méthodes pédagogiques basées sur la discussion sont supérieures à l'enseignement frontal au niveau de la rétention des contenus après le cours, du transfert des connaissances à des situations nouvelles et du développement de compétences pour résoudre des problèmes, de la motivation pour apprendre plus sur la matière en question (Mackenzie, 1990).


Astuces pour effectuer un meilleur PowerPoint ou Keynote : Limitation du diaporama  à 7 mots par ligne et à 8 lignes par diapositive soit 40 Mots maximum par diapositive. Mettre de la musique d'ambiance les 10 premières minutes du CM, arrêter la musique et commencer à parler. C'est le signe d'un retour au silence et que les conversations personnelles doivent cesser. Éviter de lire le cours, mais parler librement à partir de notes sommaires. Ce qui n'empêche pas de disposer d'un cours totalement écrit dans le cas d'une défaillance de la mémoire. Il est cependant nécessaire de relire le cours juste avant l'heure. Il convient de regarder les étudiants, le contact visuel maintient leurs intentions. Choisir ceux qui suivent et hoche de la tête afin de ne pas être déstabilisé.

 

N'hésitez pas à répéter des informations les plus importantes. Essayer d'identifier cinq idées clés pour chaque cours magistral. Efforcez-vous de répéter chacune d'elles au moins 3 fois. N'hésitez pas non plus à revenir sur ces idées clés à la séance suivante. Impliquer les étudiants en posant des questions provocatrices afin de relancer leur l'attention, du genre: vous pensez peut-être maintenant que... Mais en fait... là, je suis sûr que la moitié d'entre vous pense que j'ai perdu la tête... je sais que vous pensez que ce que je dis est complètement contradictoire avec ce que j'ai dit il y a 10 minutes.... je ne dis pas que... Attention ne me faites pas dire que... Il s'agit de capter ainsi leur attention et montrer aux étudiants qu'il importe d'être compris.

 

Faire pendant le cours magistral quelque chose d'original ou de différent ou nouveau toutes les 15 à 20 minutes, pour contrecarrer la diminution de l'attention de l'auditoire : prévoir quelque chose d'intéressant, de surprenant et d'engageant. Par exemple raconter une histoire, une anecdote, décrire un mystère, poser une question, montrer un extrait de film, parler d'une question de recherche toujours pas résolue, montrer un diaporama de photos, faire une démonstration, utiliser une activité pédagogique favorisant un apprentissage active, parler d'une nouvelle technique, montrer la photo de chercheur dont vous exposez les théories. Il convient aussi de savoir utiliser des supports visuels, car il convient de faire appel à plusieurs modalités de communication, à la fois le canal verbal par la discussion et le canal visuel au moyen de note sommaire sur PowerPoint/Keynote, de schémas et d'illustration ou de film vidéo. Les informations factuelles doivent essentiellement se trouver dans les lectures obligatoires, dans tous les documents polycopiés distribués, ou dans les pages du site internet personnel du formateur. Ne pas mettre trop d'informations sur les diapositives, car les étudiants consacreront leurs ressources cognitives à les recopier, ce qui diminue la compréhension et la mémorisation. On peut trouver une banque d'image sur Google image ou Flickr. Un film ou un graphique sont parfois plus parlant que des mots. Notez par ailleurs qu'une information abstraite est plus susceptible d'être mémorisée si elle est associée à d'autres informations de préférence plus concrète.

 

Le but est de créer un réseau associatif autour d'informations à mémoriser. Plus cette association fonctionne, plus la récupération de mémoire ultérieurement est activée. Donner de nombreux exemples concrets qui illustrent l'application d'une idée abstraite. Il convient de bien structurer et schématiser les informations par exemple sous forme d'arbres ou schémas, de catégoriser, d'établir des liens entre les catégories, de démontrer, d'effectuer des analogies, des métaphores.

 

Solliciter régulièrement du feed-back pour renforcer l'apprentissage : avez-vous des questions ? Je sais que je vous ai inondé d'informations nouvelles, maintenant dites-moi quelle question vous avez pour moi ? Je vois de nombreuses têtes confuses, dites-moi où je n'ai pas été clair ? Je sens que beaucoup d'entre vous ont des questions. Prenons 5 minutes pour que je puisse répondre à vos questions. Les questions permettent d'établir un dialogue et de voir si le discours du formateur n'a pas été clair et ainsi s'améliorer au prochain cours. Les questions sont un exercice d'apprentissage actif qui augmente l'efficacité de l'enseignement. Tout d'abord répéter la question pour s'assurer qu'elle est bien comprise et entendue, remercier la pertinence de la question, toujours prendre la responsabilité du manque de compréhension. Si on ne sait pas répondre, dire que l'on va noter la question et répondre au prochain cours.


Il importe structurer la fin du  cours en formulant les 3 ou 5 informations ou concepts de la formation les plus importants à retenir. Donner enfin aux étudiants quelque chose sur quoi réfléchir pour le prochain cours, cela facilite la mémorisation et surtout une mise en activité cognitive d'après cours. 

Organisation du TD, travaux dirigés

 

Les activités proposées en travaux pratiques sont essentiellement actives à la fois physiquement et cognitivement actives. Il convient d'alterner toutes les 20 minutes entre explications théoriques, travail individuel, travail à deux, travail en groupe de 4, discussion collective, mini présentation de thème choisi, exposé d'élèves de textes à étudier, mini dissertation, tâches de résolution de problème. Le mini cours théorique suivi d'exercices que les étudiants font seul et ensuite en petit groupe présente l'avantage contrairement au cours magistral de pouvoir être suivi de près par le formateur et que chaque groupe puisse présenter plus facilement son travail. On peut demander aux étudiants d'extraire les informations pertinentes d'un texte écrit, de réaliser une expérience, de mener des interviews de personnes sur le campus, de consulter des sites internet, d'effectuer un travail de recherche en bibliothèque. On peut aussi faire des démonstrations et présentations de films pédagogiques.
 

Pendant le TD, où les étudiants sont nécessairement plus proches et actifs, il est possible d'innover. Des exercices d'après exposé théorique s'effectuent seuls puis ensuite en petits groupes de 3 à 6 personnes et enfin chaque groupe expose son travail avant une discussion plénière. Mettre les tables en îlots ou en U. Pas de frontal, mais un dispositif pour l'interaction. Selon certains auteurs, le CM est transmission de savoirs, le TD de savoir-faire. Les astuces pratiques sont identiques.

 

Toutes les 20 minutes, alterner explication théorique, travail individuel, travail à deux, travail en groupe, discussion en classe, mini présentation, exposé délai, mini dissertation, résolution de problème  étude de cas, étude de texte, Philips 6x6...

 

Astuces: Ne pas hésiter à utiliser les activités obligeant les étudiants à se lever, à se déplacer, car l'activité physique les réveille. Ne pas hésiter non plus à envoyer des étudiants au tableau démontrer leurs travaux ou faire un travail en dehors de la salle de cours pendant une quinzaine de minutes. Faire travailler à la bibliothèque pour apprendre à rechercher sur catalogue numérique par exemple. Effectuer une mini présentation d'une lecture de 3 pages par groupes. Donner un problème à résoudre. Utiliser des activités où les étudiants trouvent eux-mêmes les informations importantes, c'est-à-dire les informations à comprendre et retenir, décident ce qui va ensemble et ce qui appartient à des catégories différentes et puis déterminer ce qui est supra ordonné de ce qui est sous ordonné. Les méthodes actives mettent l'accent sur le développement de savoir-faire. La meilleure appropriation et mémorisation de connaissances est l'utilisation de capacité de réflexion, la possibilité d'explorer pour les étudiants leurs propres idées, attitudes et croyances à propos du thème étudier. Faire ainsi émerger du conflit cognitif et puis du conflit sociocognitif dans la mesure où il est organisé un travail en groupe où chacun va pouvoir confronter des avis divergents avec son voisin. Faire des activités de groupe implique un travail de catégorisation chez étudiant qui est très bénéfique, car il s'agit de déterminer en commun des critères, une caractérisation, des hiérarchisations... Demander aux étudiants d'expliciter des diagrammes, des graphiques et de dessiner leurs propres schémas qui résument  des savoirs ou bien savoir-faire, savoir être. 


Favoriser un dispositif d'apprentissage conduisant les étudiants à expliquer des éléments de cours aux autres étudiants. Bien souvent, on comprend mieux, on apprend mieux ce qui est expliqué à autrui. Par exemple, le dispositif du journal des apprentissages en est un moyen dans la mesure où les étudiants s'autorisent à lire leurs écrits réflexifs sur le cours qu'ils suivent. Faire effectuer en petits groupes des explications de texte un peu compliqué, demander aux étudiants de porter un jugement et d'évaluer des informations transmises, d'oser critiquer de façon constructive ce qu'ils apprennent. La mini dissertation et aussi un moyen pour exprimer son opinion, s'impliquer dans une réflexion sur un sujet de la thématique du cours. On peut la retrouver dans ce que nous appelons le journal des apprentissages des étudiants. Les étudiants volontaires peuvent lire leurs écrits qui peuvent être ensuite discutés en séance plénière. On peut demander aux étudiants d'évaluer des théories ou des approches distinctes pour dynamiser leurs facultés d'évaluation et de jugement. On peut aussi créer des groupes de conception qui vont se confronter en plénière. Chaque groupe travaillant sur des argumentaires convaincants de manière à faire campagne, avec la défense d'un point de vue propre à une science humaine.

Naturellement, le travail en groupe comporte des règles comme rendre compte en plénière du travail effectué. Choisir un rapporteur au hasard le moment venu afin que les étudiants forts ou en fragilité s'impliquent tous. Assister et réguler le travail de chaque groupe en proposant son aide de formateur. Donner une tâche précise à effectuer. Faire varier les groupes pour éviter les phénomènes de bandes ou de leadership.
Interroger les étudiants pour les faire parler amène à une réflexion en posant des questions inductrices : Quels sont les cinq points importants du texte, du film, qu'en pensez-vous, pourquoi dit-on... Ne pas hésiter à se faire l'avocat du diable, en posant des questions limites ou provocatrices, prendre parfois une position extrême pour faire avancer le débat, pour bousculer les opinions ou les idées toutes faites des étudiants.
Poser une question sur un phénomène particulier, une problématique à résoudre, sur une comparaison entre des théories, des auteurs, des points de vue. Demander aux étudiants d'identifier les points forts et les points faibles de telle théorie ou de telle information, de tel jugement. C'est ainsi conduire les étudiants à exercer des activités de pensée sur les informations transmises en cours, les savoirs et les savoir-faire ou savoir-être qui sont objets du cours, les conduire progressivement à des postures réflexives, métacognitives et seconde. 

C'est favoriser la secondarisation et la conscientisation des objets de savoir (construction d’un objet second et abstrait-conceptuel), les amener à exercer un esprit critique.


Le feed-back régulier est une aide appréciable pour les étudiants. Les respecter, ne jamais les humilier en cas d'erreur, bien expliquer que l'apprentissage réel s'effectue par l'erreur. Une erreur que l'on va ensuite analyser et comprendre et ne plus jamais reproduire. Mesurer les connaissances des étudiants à plusieurs reprises afin de minimiser les marges d'erreur des évaluations sommatives. Préférer dans la mesure du possible des évaluations formatives à effectuer pendant les travaux dirigés. Plus la note finale sera basée sur un grand nombre de méthodes d'évaluation différentes, moins elle contiendra d'erreurs systématiques. La note finale comporte les résultats de test aux questions à choix multiple, au mini quiz, aux examens oraux, aux dissertations, aux présentations d'exposés, aux exercices à faire à la maison, aux projets de groupe. La participation en classe ne semble pas une évaluation appropriée, car ne pas ouvrir la bouche ne signifie pas pour autant ne pas penser, car il existe une participation cognitive silencieuse chez beaucoup d'étudiants.
Distribuer aux étudiants une feuille sur laquelle sont inscrits les concepts dont vous parlez et leur demander de les relier avec des flèches indiquant les relations causales, les liens temporels, fonctionnels... former une carte heuristique...

Liste des activités proposées :  enquêter, faire des hypothèses, comparer, déduire, présenter des arguments, illustrer, décrire, tirer des conclusions, analyser...

Avant l'évaluation, il convient d'établir une grille d'évaluation très précise spécifiant les réponses attendues et combien de points vaut chacune des réponses. Prévoir : 2 points sur 20 pour la formulation claire des réponses, la sanction de fautes d'orthographe et de grammaire et la lisibilité de l'écriture.

 

Avec la méthode de la classe puzzle, chaque groupe a une tâche spécifique qui correspond un élément partiel du cours. Il faut que l'ensemble des groupes rassemble leurs travaux pour qu'une connaissance complète de ce qu'apporte le cours soit effective. Chaque groupe apporte donc sa pierre à l'édifice pour reconstituer le puzzle formant le savoir qui est l'objet du cours. Le cours devient un véritable travail d'équipe coopérative. On peut travailler sur des textes puzzle, des projets puzzle, des jeux pédagogiques puzzle dont le tout assemblé des travaux de chaque groupe constitue l'ensemble du savoir à acquérir.

Pour concevoir un QCM, penser que chaque question possède un sens pour elle-même indépendamment des autres questions, éviter les formulations négatives, toutes les réponses doivent être plausibles, les réponses fausses doivent être clairement fausses, les formulations doivent être grammaticalement correctes, toutes les réponses présentes une même longueur, la bonne réponse est placée de façon aléatoire, éviter les réponses correctes trop similaires à la question, éviter les questions qui ont pour objectif d'enseigner des informations nouvelles ou non pertinentes.

10 conseils importants pour bien enseigner en cours magistral :


1- parler moins longtemps


2- assurez-vous d'être vu et entendu


3 - éviter de lire un texte


4 - respecter les autres règles de la rhétorique


5- faites quelque chose de nouveau toutes les 15 à 20 minutes

 
6- utiliser des activités pédagogiques favorisant l'apprentissage actif,


7 - utiliser des supports visuels comme les diagrammes, les photos, les schémas


8 -créer des associations mentales


9 - demander du feed-back


10 - terminer chaque cours par un résumé des points les plus importants, rappeler les lectures obligatoires ou conseillées et le thème de la semaine suivante et enfin donner aux étudiants quelque chose à réfléchir pour le cours suivant.

10 conseils importants pour bien animer un TD


1- penser aux conseils pour le CM


2- changer d'activité toutes les 15 à 20 minutes


3 - approfondir la lecture obligatoire


4 - utiliser des activités pédagogiques favorisant l'apprentissage actif


5- familiariser les étudiants avec la littérature primaire


6 - gérer les questions d'étudiant


7- faites des activités où les étudiants évaluent et portent des jugements


8 - faites du travail en groupe


9 - prévoyez des discussions en classe


10 - donner fréquemment du feed-back.

Exercice de situation problème (à faire tester avec une traduction de lettre en polonais) : poser une question que vous affichez à l'écran ou inscrivez au tableau, demander aux étudiants de trouver une solution, sur une feuille de brouillon, demander aux étudiants ensuite de comparer la solution avec leurs voisins puis d'en discuter, demander à quelqu'un de volontaire de dire à haute voix sa réponse avant de donner la solution devant l'amphithéâtre entier.


 

Pendant le premier cours, il est de bon temps d'établir un bon contact avec les étudiants, de leur demander de se présenter de façon interactive (par exemple être présenté par le voisin après une interview ou bien se présenter de manière créative avec un dessin). Il convient de se présenter soi-même en tant que formateur sans se montrer distant en formulant par exemple une anecdote. Il faut souligner le choix pédagogique du cours fondé sur des techniques éventuellement actives, l'importance de se mettre en activité de groupe et en activité mentale ainsi que l'aspect essentiel des écrits réflexifs pour soi  pour mieux apprendre, par exemple de journal de bord ou le journal des apprentissages. Il faut montrer, détailler et expliciter les divers thèmes du syllabus. Le premier cours est le plus important, car c'est celui où on laisse une première impression, où l'on va intéresser et motiver son auditoire. Il vaut mieux arriver à l'avance à ce premier cours de manière à engager avec quelques étudiants des conversations informelles du genre : quel cours suivez-vous, quel cours au premier semestre, quel projet d'avenir ? Parler un peu de soi, insister sur des points que vous partagez avec vos étudiants, car la similarité crée de la sympathie. Évite bien sûr la politique comme sujet de conversation. Montrez que vous intéresser à vos étudiants, que vous êtes humain. Établir de bons contacts avec les étudiants rend la parole encore plus facile et réduit l'anxiété de chacun. Ne pas commencer à l'heure pile, car il n'est pas toujours facile de trouver la première fois la salle de cours, distribuer les photocopies et le syllabus dans l'attente. Répéter le titre du cours et les objectifs attendus ainsi que les prérequis, la validation et le déroulement-programmation ainsi que les méthodes pédagogiques employées. Il convient de se présenter librement, comme un individu est un professionnel.


La relation aux étudiants est essentielle pour l'efficacité de l'enseignement. De bonnes relations honnêtes avec un respect mutuel, et une implication émotionnelle favorisent un court réussi. Il convient d'établir un bon rapport, de gérer les excuses et les plaintes, le bavardage et les étudiants à problème , de se préoccuper de la motivation de tous les apprenants. Il importe d'être détendu, disponible avec les étudiants avant ou après le cours. Il faut encourager les discussions en classe, montrer de l'intérêt pour les étudiants, illustrer les contenus traités avec des exemples de la vie quotidienne ou professionnelle qui peuvent concerner les étudiants. Regarder les étudiants dans les yeux. Sourire, parler de manière expressive. Les féliciter, avoir de l'humour, ne pas se prendre au sérieux. Être juste, inclure tous les étudiants, veiller à une égalité de traitement. Encourager les élèves voulant être exemptés de certaines règles à venir vous rencontrer dès la fin du premier cours, éviter d'attirer l'attention sur un groupe particulier ou sur un étudiant particulier. Éviter les stéréotypes et les clichés auprès des étudiants qui ne sont pas tous blancs, hétérosexuel, et chrétien. Gérer le bavardage : un cours bien préparé et interactif avec de l'apprentissage actif diminue les risques de bavardage. Ne pas prendre le bavardage pour une agression personnelle. Donner la parole à l'étudiant en donnant son nom, cela focalise davantage l'attention des étudiants.

 

Pour faire taire les bavardages, se déplacer vers la source du bavardage et demander aux étudiants qui bavardent s'ils ont une question sur le cours, rappeler à haute voix à quel point le bavardage dérange des autres étudiants et perturbe le déroulement du cours. Interpeller l'étudiant qui bavarde par son nom et lui rappeler avec sourire que c'est inacceptable de parler quand vous parlez. Identifier les étudiants et avoir une discussion en privé avec. De façon générale, évitez de rabaisser les étudiants devant la classe et des discussions individuelles pendant le cours même. En cours magistral, dire que le cours porte sur des éléments pris dans un ou deux livres et que l'examen portera sur les mêmes choses et annoncer que du coup les bavardeurs peuvent quitter l'amphithéâtre pour aller faire ce qu'ils ont envie de faire et non pas bavarder, car ils gênent l'audition de leur voisin. Il est tout à fait inutile de se donner bonne conscience en restant assis sur des bancs inconfortables pour ne pas étudier et ne pas prendre en note le cours. Autant se reporter à des ouvrages ou des vidéos inscrites sur YouTube.

Il existe une typologie d'étudiants : grosso-modo, nous avons le contestataire, le dominant, le timide et le colérique.

Avec l'étudiant contestataire, se saisir de ses propos pour approfondir le cours, démonter ses arguments un par un de façon à aller plus loin dans l'exposé, rester calme et interpréter la contestation comme de la curiosité scientifique.

Concernant l'étudiant dominant, insister sur le fait qu'il faut donner aussi la parole à tous les autres étudiants. S'en servir au premier cours pour débloquer l'interactivité et puis progressivement donner la parole aux autres. Désigner deux ou trois étudiants pour jouer le rôle d'observateurs qui exposeront leur point de vue sur le déroulement du cours pour amener à tempérer les choses.

L'étudiant timide, le regarder l'encourager à participer, le saluer par son nom quand il arrive en classe, lui faire rédiger les questions à poser sur un texte, sur une problématique et les encourager à les lire.

Face à l'étudiant colérique, il faut rester calme, poli et ferme. Inviter l'étudiant à venir vous voir à la fin du cours pour s'expliquer à froid. Reformuler les propos de l’étudiant, le conduire à questionner le fond et la forme de ses propos, l'amener à s'interroger sur sa propre conduite. Faire référence aux règles, à la loi, aux civilités et aussi au syllabus qui est aussi un contrat passé avec lui. Si la remarque de l’étudiant est valable, il convient de trouver un compromis.


De façon générale, veillez à communiquer toujours de l'enthousiasme aux étudiants. Leur donner l'envie d'apprendre, de transférer ce qu'ils apprennent, en vue de leur prochain mémoire à rédiger, dans la perspective de leur insertion professionnelle. Le savoir universitaire n'est pas juste une réponse à un examen, mais à moyen de revisiter le monde, son expérience passée et de prévoir son avenir. S'intéresser à leurs projets, à leur apprentissage en cours et en devenir, à ce qu'ils comptent en faire. De manière générale, il importe de montrer aux étudiants que l'on s'intéresse de savoir qui ils sont, d'où ils viennent et ce qu'ils pensent. Quelles sont leurs expériences antérieures ? A quoi ils aspirent, ce qui les motive, ce qui paraît difficile, et quelles sont les raisons qui les amènent à voir les opinions qu'ils verbalisent en cours ? La bienveillance est au programme, il ne s'agit de les juger. 

  
Notes inspirées de l’ouvrage de Markus Brauer, « enseigner à l'université ». 

10 manières d'être maître de son temps  comme MCF :


- compartimenter votre temps  

-décider à l'avance de la quantité de temps que vous souhaitez allouer à chaque tâche et prévoyez une plage horaire pour le faire

-arrangez-vous pour ne pas être interrompu et pour ne pas avoir à traiter des urgences


-ne traiter chaque document qu'une seule fois

 
-surveiller votre progrès dans le domaine de la recherche

 
-éviter de réinventer la roue, des ressources pour concevoir des cours sont en ligne, s'en inspirer ou se les approprier


-imposer une longueur maximale aux productions des étudiants


-apprenez à dire non


-combiner enseignement et recherche


--déléguer des tâches secrétariales.

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